Le gouvernement vient de prendre l'initiative de créer un observatoire du "Fabriqué en France." Une intention que j'ai souhaité commenter
COMMUNIQUE DE MARTIAL BOURQUIN, Sénateur du Doubs
Martial Bourquin, Sénateur du Doubs, président de la mission d’information commune sur la désindustrialisation des territoires du Sénat, espère que l’Observatoire du
« Fabriqué en France » installé le 31 août par le ministère de l’industrie marquera une véritable prise de conscience générale concernant la réalité de la désindustrialisation de notre pays.
C’est en effet le décalage très net entre la réalité et les discours qui ont conduit les sénateurs socialistes à demander une mission d’information commune sur la désindustrialisation des
territoires, installée depuis mai 2010 et qui poursuivra ses travaux dans les régions et à l’étranger dès la semaine prochaine.
Ce recul de l’industrie dans notre pays, accéléré par la crise, se marque depuis des années dans les territoires par la disparition parfois silencieuse de PME et
sous-traitants et la fragilisation de bassins d’emplois. Martial Bourquin note que cette désindustrialisation aurait sans doute pu être analysée et freinée plus tôt et plus fort mais n’a pas été
vraisemblablement la priorité absolue de la majorité parlementaire depuis 2002.
Par ailleurs, le Sénateur du Doubs n’est pas persuadé que les raisons invoquées pour expliquer ce déclin soient les bonnes ou soient seules responsables.
L’augmentation des échanges mondiaux ou l’évolution des consommateurs sont certes des facteurs importants mais ne peuvent être le paravent de l'absence de résultats de la politique industrielle
dans notre pays.
Le président de la mission désindustrialisation du Sénat trouve intéressante la démarche de cet observatoire de comprendre l’industrie au travers du prisme de ses
filières et de contrats de filières. Martial Bourquin aurait aimé que l’aménagement du territoire et l’intérêt des bassins d’emplois soit une donnée beaucoup plus présente. Il espère par ailleurs
que l’absence de prise en compte d’industries liées à l’économie verte ne soit liée qu’à des problèmes statistiques. Il serait en effet incompréhensible que la France soit hors-jeu.
Le Président de la mission désindustrialisation des territoires souhaite que l’Etat français effectue une petite révolution pour réorienter son action et ses aides
publiques pour mettre en pratique cette intention du "Fabriqué en France". Il s’agit en effet de conditionner ces aides d'Etat à des exigences en termes d’emploi, d’environnement et d’aménagement
du territoire. Il souhaite également une réorientation du crédit impôt recherche qui semble manquer sa cible quand il s’agit de promouvoir la recherche et l’innovation des PME.
Martial Bourquin souligne enfin malheureusement que des exemples très récents montrent bien les grandes difficultés qui consisteraient à faire vivre un tel « label
Fabriqué en France » puisque Renault, dont l’Etat possède 15% du capital, vient de confier la réalisation des sièges arrières de la Zoé à un équipementier turc, que la Poste, à 100% public vient
d’attribuer un marché de scooters à une entreprise taïwanaise et que le FSI a financé des projets d’entreprises qui ont poursuivi la délocalisation de certaines de leurs activités.
La lutte contre la désindustrialisation ne peut se résoudre d’un coup de baguette magique par un label ou un observatoire. Elle nécessite une stratégie globale
européenne, nationale et locale, qui s’appuie beaucoup plus sur son réseau de PME, ses bassins d’emplois et d’innovations, en considérant les collectivités territoriales comme de véritables
partenaires économiques.
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