En présence de Jean-Marc Burgat, Maire de Charmauvillers et de Christian Triboulet, Président de l'AAPPMA "La
franco-suisse et gorges du Doubs", j'ai tenu une conférence de presse afin d'alerter à nouveau sur la situation du Doubs dans sa partie franco-suisse avec de nouvelles mortalités
piscicoles importantes constatées fin décembre, début janvier.
Cette aggravation de cette situation déjà connue pourrait mettre en péril la faune aquatique qui depuis plusieurs années, est en diminution constante.
Les associations de pêcheurs ont établi des rapports quant à la situation depuis le début de l’année et ont à nouveau sollicité les pouvoirs publics ainsi que les élus locaux et les parlementaires.
Depuis fin août 2010, alerté par les associations de pêcheurs d’une baisse de la qualité des eaux du Doubs dans sa partie franco-suisse, avec des pollutions et une mortalité piscicole importante, j’ai interpellé le Préfet Nacer MEDAH pour demander des analyses régulières et d’établir un diagnostic de l’état de santé des eaux et de la faune aquatique.
La Direction Départementale des Territoires est rapidement intervenue et a mis en place un groupe de travail franco-suisse pour suivre l’évolution de la situation et définir un programme d’actions pour remédier à ces pollutions et mortalités des poissons. Mais ces dispositions restent insuffisantes. Cette commission technique n’associe pas les élus locaux ni les associations qui sont des acteurs de terrain essentiels et ont une bonne connaissance de la rivière et des différents enjeux environnementaux, économique et sanitaires.
Le 6 novembre 2011, j’ai rencontré, à Goumois, les élus des communes concernées qui s’inquiètent vivement de cette dégradation de la qualité des eaux du Doubs et de la répétition d’incidents provoquant ces mortalités, en grande partie liés aux éclusées des trois barrages hydroélectriques implantés sur cette partie du Doubs.
À l’occasion du salon de la pêche sportive qui s’est déroulé en novembre 2010 à la Roselière, les associations ont sensibilisé les publics à cette dramatique situation de notre rivière. Les pêcheurs attendent une implication forte des autorités compétentes afin que leurs actions de préservation et de protection du milieu aquatique ne soient pas réduites à néant.
Depuis, la situation semble s’être fortement aggravée et les associations ont à nouveau tiré la sonnette d’alarme. Début janvier, l’ONEMA a
effectué des prélèvements en vue d’analyses mais les résultats ne sont pas encore connus.
Un premier rapport de l’ONEMA fait état de 20 % de poissons adultes (30 à 40 cm) malades mais les pêcheurs et les élus locaux ont fait des constats plus alarmants. Beaucoup de truites semblent atteintes de mycoses et le taux de mortalité est très élevé, faisant craindre des pertes considérables dans les mois à venir.
Ces phénomènes peuvent compromettre l’avenir de notre rivière quant à la survie des espèces patrimoniales et des souches locales qu’elle abrite, impactant lourdement les activités touristiques et économiques, et pouvant générer un risque sanitaire conséquent pour toutes les réserves d’eau des bassins de vie situés en aval.
À noter que des phénomènes similaires constatés dans la Loue ont entraîné une importante mobilisation des pouvoirs publics l’année dernière avec un suivi régulier de l’évolution de la rivière et de l’état de santé de la faune aquatique et de l’ensemble de l’écosystème.
Face à la gravité de l’état du Doubs, je suis à nouveau intervenu dès le 5 janvier dernier auprès des services préfectoraux demandant une réelle prise en compte de la situation pour qu’une étude complète soit diligentée dans les meilleurs délais pour définir les moyens à mettre en œuvre pour remédier aux pollutions et aux mortalités piscicoles.
J’ai demandé qu’une réunion avec l’ensemble des partenaires concernés (élus, associations, pouvoirs publics, collectivités) soit organisée dans les délais les plus courts afin de définir un plan d’action pour limiter ces problèmes.
M. le Sous-Préfet de Montbéliard devrait m’informer dès lundi des décisions quant à l’organisation de cette réunion.
Cette situation est de nature à compromettre totalement l’avenir de la rivière, avec une fragilisation de tout l’écosystème, ce qui pourrait conduire à un risque sanitaire conséquent pour tous les bassins de vie situés en aval de ce phénomène, alimentés en eau potable depuis le Doubs.
Il est à craindre que le Doubs franco-suisse connaisse une crise de pollution similaire à celle rencontrée au niveau de la Loue.
La réunion qui devrait se tenir doit permettre non seulement de définir un plan d’action mais de prendre les mesures qui s’imposent immédiatement de sorte à répondre à des inquiétudes et questions légitimes :
- sur la consommation ou non des poissons,
- sur le maintien des activités de pêche : compte tenu des mortalités enregistrées et à venir, les activités de pêche pourraient accentuer la diminution des poissons sains et compromettre les souches patrimoniales,
- quant à la communication à effectuer à l’attention du public,
- sur les consignes et mesures à prendre au niveau des barrages hydroélectriques dont les modes de fonctionnement sont insatisfaisants et impactent directement l’écosystème et la faune piscicole.
C’est pourquoi la réunion demandée s’avère d’une importance capitale et doit avoir lieu dans les délais les plus courts de sorte à gérer cette situation avant d’atteindre un état de crise.
La pêche sportive qui se pratique sur cette partie du Doubs attire de nombreux adeptes de cette activité de loisir et du tourisme vert. Les incertitudes qui demeurent sur la santé de la rivière et de la faune piscicole compromettent la saison touristique à venir. La santé de nos concitoyens ne doit pas être négligée et des réponses sûres doivent être apportées au plus vite.
Le Doubs, patrimoine naturel exceptionnel pour notre région, doit être impérativement préservé, l’eau étant un élément essentiel à la survie de toutes les espèces.
Articles de presse à lire :
- Est Républicain, édition du 16.01.11
- Le Pays de Franche-Comté, édition du 16.01.11
Face à l'indifférence du Gouvernement à l'égard des
anciens salariés âgés qui se voient précipiter dans la pauvreté et la précarité suite à l'arrêt définitif du dispositif d'allocation équivalent retraite, j'ai adressé un nouveau courrier à Xavier
BERTRAND, Ministre du Travail, de l'Emploi et de la Santé, demandant la prorogation en 2011 de l'AER ou la mise en place d'un nouveau dispositif similaire comme l'avait annoncé le Premier
Ministre lors de l'examen de la réforme des retraites.