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Mardi 23 mars 2010 2 23 /03 /2010 17:06

AER

Je suis intervenu ce matin lors de la question orale pour demander des précisions sur la reconduction du dispositif AER. Malheureusement aucune garantie ne m'a été apportée concernant la reconduction de l'AER en 2011.



Reconduction de l'AER (Allocation équivalent retraite)

M. Martial Bourquin.  - Depuis plus d'un an et demi, nous alertons le Gouvernement sur les conséquences dramatiques de la suppression, en 2008, de l'AER. Certes, le Gouvernement a rétabli, sous la pression, cette allocation pour l'année 2009, mais dans des conditions d'incertitude très pénibles pour les allocataires, menacés de perdre jusqu'à 600 euros de ressources par mois. Le sort des familles de 45 000 bénéficiaires est donc suspendu à la question des conditions de mise en oeuvre, tandis que les agents de Pôle emploi, surchargés, doivent monter des dossiers en urgence sans rien savoir des conditions d'obtention ni si le rétablissement sera rétroactif.

Pouvez-vous, madame la ministre, tranquilliser ces familles, menacées, depuis un an et demi, par l'épée de Damoclès que brandit le Gouvernement, et rassurer les agents de Pôle emploi sur la publication du décret de prolongation ? Les conditions seront-elles les mêmes qu'en 2009 ? Le même nombre de trimestres, les mêmes conditions de ressources seront-ils requis ? La prolongation ira-t-elle jusque fin 2011 ? Une enquête est-elle en cours sur les conditions de validation des plans de départ dits « volontaires » des salariés concernés, qui pensaient pouvoir bénéficier de l'AER ?


Mme Anne-Marie Idrac, secrétaire d'État chargée du commerce extérieur.  - Conformément au souhait émis dans le cadre de la Conférence sur l'agenda social, le Président de la République a en effet annoncé la prorogation, pour 2010, de l'AER, afin de tenir compte de l'impact de la crise et d'apporter une réponse aux salariés en fin de droits. Un arrêté est en cours de signature. De nouvelles ouvertures de demandes seront possibles, avant le 31 décembre, pour les salariés en fin de droits de moins de 60 ans dont les ressources seront inférieures à un plafond déterminé et qui justifient d'au moins 161 trimestres de cotisation.

M. Wauquier a demandé au directeur général de Pôle emploi de prendre toutes mesures pour que les dossiers soient rapidement traités. Sur l'emploi des seniors, qui ne doivent plus servir de variable d'ajustement des politiques de l'emploi, le Gouvernement est déterminé. Pour assurer leur maintien dans l'emploi, il a prévu, dans toutes les branches, pour les entreprises de plus de 300 salariés, que des accords devront être négociés.


M. Martial Bourquin.  - Ceux qui ont travaillé toute une vie et qui, victimes de plans sociaux qui ne disent pas leur nom, ne méritent pas que l'on supprime leur allocation, au mépris des engagements écrits qui leur avaient été donnés. La disparition de l'AER ne se justifierait que si un plan était mis en place pour les seniors : le Gouvernement a mis la charrue avant les boeufs. Ce décret est attendu depuis trop longtemps par 45 000 personnes qui vivent dans la plus grande précarité.

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Mercredi 3 février 2010 3 03 /02 /2010 14:31
Je suis intervenu hier après-midi sur la réforme des collectivités locales. Voici mon intervention.


M. Chevènement, dans son intervention, a soulevé une question fondamentale : qui aménage le territoire ? Le projet actuel aboutirait à un enchevêtrement encore plus complexe aujourd'hui. La compétence économique et le couple emploi et formation doivent être du ressort unique de la région, comme le défendait la mission du Sénat, si l'objectif est vraiment de simplifier. A entendre le ministre et le rapporteur, j'ai le sentiment que cette réforme n'a pour seul but que la création du conseiller territorial. Le reste n'est qu'improvisation. Si ce texte était adopté, outre que la proximité avec les départements disparaîtrait, la région, amputée de ses compétences, ne mènerait plus ces grands travaux d'aménagement du territoire dont nous avons tant besoin aujourd'hui. Pourquoi cette obsession de réduire le nombre d'élus à 3 000 en instituant un conseiller territorial ? Pour diminuer le nombre d'élus de gauche (protestations à droite) car vous savez bien que les Français élisent des élus locaux de gauche !

M. Dominique Braye.  - Vous n'avez pas peur de la caricature !

M. Martial Bourquin.  - Pourquoi cette réforme ? Parce que le Président de la République, qui veut assurer dans le même temps la fonction de Premier ministre et de ministre...

M. Jean-Patrick Courtois, rapporteur.  - Ça recommence !

M. Martial Bourquin.  - ...et place à la tête d'une grande entreprise publique le dirigeant d'une entreprise privée, va à rebours de l'histoire en instituant le cumul des mandats ! Autrement dit, les conseillers territoriaux, ce sont des Proglio ! (Sourires à gauche)

M. Jean-Louis Carrère.  - Cela va nous coûter cher !

M. Martial Bourquin.  - Face à cette situation, je suis, comme M. Chevènement, très inquiet de l'avenir de notre territoire et, surtout, de nos institutions. Nous avons pour les préfets, dont a parlé M. Sueur dans son rappel au Règlement, le plus grand respect. (On en doute à droite) Ils sont les grands commis de l'État, mais non ceux du Gouvernement.

M. Jean-Louis Carrère.  - Plus ou moins...

M. Martial Bourquin.  - Et comme tels ne doivent pas défendre un texte qui n'a pas encore été voté. Les préfets ont été mobilisés en 1981, 1982, mais la loi avait été votée, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui !

M. Jean-Louis Carrère.  - Rien ne sert d'imiter une mauvaise expérience...

M. Martial Bourquin.  - En réalité, monsieur le secrétaire d'État, en donnant cette instruction aux préfets, vous avez cherché à faire pression sur le débat parlementaire, sachant que les élus refusent votre réforme.

M. le président.  - Veuillez conclure.

M. Martial Bourquin.  - Ce procédé témoigne d'un manque de respect envers le Parlement.
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Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /2010 12:42

Je suis intervenu à 10h ce matin pour alerter le gouvernement sur les difficultés rencontrées par les structures employant des aides à domicile.

Nadine Morano, secrétaire d'Etat à la famille et à la solidarité m'a répondu.

 


M. Martial Bourquin.  - Le secteur des services à la personne et d'aide à domicile croît de près de 10 % par an. Les personnes âgées dépendantes ou handicapées -y compris temporairement- font de plus en plus appel à des professionnels afin de rester chez elles. Le secteur emploie 2 millions de personnes, pour la plupart des femmes, dans une vingtaine de métiers différents

Depuis plusieurs années, les structures d'aide « autorisées » ont renforcé la professionnalisation et la pérennité de ces emplois, rassurantes pour les bénéficiaires de ces prestations déjà fragilisés par la vie.

Cette exigence a un coût, bien supérieur au tarif fixé par la Caisse nationale d'assurance vieillesse. Aujourd'hui, ces structures qui ont fait le choix de la qualité se trouvent pénalisées et sont dans une situation financière catastrophique. Le collectif franc-comtois regroupant des associations d'aides à domicile fait face à un déficit cumulé de 2 millions d'euros, qui menace sérieusement la suite de leur activité. En Seine-et-Marne, il y a déjà 490 licenciements et plus de 3 000 bénéficiaires sans aide à domicile.

Le désengagement de l'État est en cause : la participation à l'APA a baissé de 50 à 30 %, ce qui a conduit les conseils généraux à rechercher les économies.

Je croyais le secteur social plus épargné par ce phénomène. Or la concurrence est rude. En 2005, le plan Borloo pour les services à la personne a créé, à côté des structures « autorisées », des structures « agréées », lesquelles se sont majoritairement implantées dans des niches urbaines, visant la rentabilité de court terme, au mépris d'une politique salariale sérieuse. Pour survivre, les associations ayant fait le choix de la qualité réduisent leur présence dans le monde rural, les formations, la rémunération. N'attendons pas qu'une sélection naturelle s'opère et que des structures disparaissent faute de soutien. Songeons qu'elles contribuent à l'emploi et la lutte contre les exclusions. Quelles mesures entendez-vous prendre pour soutenir ces associations et mettre en place un fonds d'urgence ?

 


Mme Nadine Morano, secrétaire d'État chargée de la famille et de la solidarité.  - M. Darcos est conscient de ces difficultés -vous évoquez notamment le réseau UNA- et c'est la raison pour laquelle il a demandé à ses services d'organiser une table ronde sur le financement de l'aide à domicile. Ces travaux, qui ont débuté le 21 décembre 2009, réunissent l'ensemble des acteurs du champ de l'aide à domicile : les fédérations gestionnaires de services, les financeurs publics mais aussi les organisations syndicales et les représentants des usagers ainsi que les administrations.

L'objectif est de recenser les difficultés pour aboutir à un état des lieux commun et dégager des pistes, qu'il s'agisse de la tarification, de l'articulation entre financeurs ou encore de la valeur de l'APA. Il s'agit d'établir un équilibre entre la qualité des soins et la soutenabilité des services. Le 29 mai 2001, le Sénat s'était opposé au projet de loi parce que le financement de l'APA n'était pas assuré. L'importante augmentation de la dépense implique un réexamen des conditions d'accompagnement de la perte d'autonomie. Nous en débattrons au printemps. Les difficultés des associations ont de multiples causes ; elles peuvent aussi tenir à des problèmes internes ou à des politiques ne tenant pas suffisamment compte des moyens localement disponibles. M. Darcos attend de la concertation une meilleure identification des responsabilités de chacun. Une meilleure utilisation des moyens et un contrôle d'effectivité font partie des pistes à explorer.


M. Martial Bourquin.  - Il faut savoir ce que l'on veut car ces soins requièrent un personnel de qualité. Lorsque PSA demandait des intérimaires, beaucoup considéraient la flexibilité et la rémunération. Il faut donc que ce secteur forme un vrai secteur, avec de meilleures rémunérations. L'État ne doit pas se désengager comme il le fait en ramenant sa participation à l'APA de 50 à 30 %. Il est bien de se concerter et de communiquer, il faut surtout agir car la moitié des associations risquent de disparaître ou de licencier et des secteurs entiers ne seraient plus couverts. Le temps presse et alors que l'on compte 3 millions de chômeurs, on peut créer là des milliers d'emplois.

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Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /2010 11:53

Je suis intervenu ce matin en séance de questions orales sur la situation des structures de services à la personne. Ces structures qui bénéficient d'une croissance supérieure à 10 % par an, se trouvent paradoxalement dans des difficultés financières, mettant en péril leur avenir. Le compte-rendu mon intervention avec la réponse de Nadine MORANO sera publié prochainement.

Préalablement à mon intervention en séance, je me suis adressé à la presse en présence du Président de la délégation départementale de l'UNA et du Directeur de l'AFPAD, association locale d'aide à la personne. Voici les articles parus ce jour.

EST REPUBLICAIN - édition du 2.02.10

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LE PAYS DE FRANCHE-COMTE - édition du 2.02.10

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Lundi 1 février 2010 1 01 /02 /2010 14:30
Le 18 janvier, nous avons auditionné dans le cadre de la commission de l'économie, Anne-Marie Idrac, secrétaire d'Etat au commerce extérieur.

J'y ai parlé de la situation de l'automobile.




Martial Bourquin  a souligné que le déficit commercial de la France était très important et que l'euro fort ainsi que des normes environnementales exigeantes étaient des facteurs qui pesaient de plus en plus sur les entreprises, notamment lorsque, dans le secteur de l'automobile, ces dernières travaillent en faisant appel au global sourcing et donc à des acteurs qui n'ont pas de repères sur les normes environnementales et sociales. Il s'est ainsi demandé si ce phénomène n'aboutissait pas à fausser les échanges et si ces difficultés étaient discutées à l'OMC. Evoquant la question du déficit dans le secteur automobile, il s'est inquiété du paradoxe selon lequel les ventes de véhicules atteignent un niveau record tout en créant dans le même temps, structurellement, un important déficit du commerce extérieur. Citant le cas du constructeur Renault et d'une éventuelle délocalisation en Turquie de la production d'un modèle de véhicule, il s'est demandé par ailleurs s'il ne serait pas souhaitable de soumettre les aides attribuées aux entreprises à une contrepartie les empêchant de délocaliser leur activité.

En réponse, voici un extrait de l'intervention de Mme Anne-Marie Idrac :


- les chiffres du secteur automobile -constructeurs et équipementiers- sont catastrophiques : on est passé en 5 ans d'un excédent d'environ 10 milliards d'euros à un déficit de 5 milliards d'euros ; une partie de la hausse des immatriculations a été couverte par la production nationale et une partie par des véhicules importés, y compris Renault et Peugeot et si la prime à la casse allemande a dopé les exportations françaises en 2009, le déficit reste important ;

- le Gouvernement a obtenu dans l'accord avec la Corée du Sud que les véhicules Peugeot puissent, pendant une période transitoire, ne pas satisfaire les normes environnementales coréennes, plus exigeantes que les normes françaises ;

- la normalisation revêt une dimension importante dans tous les secteurs et il faut obtenir que les organismes techniques, les organismes de spécification ou qui délivrent des certifications appliquent les normes européennes ;

- la question du cours du dollar, qui profite actuellement aux importations de pétrole mais est préjudiciable aux entreprises qui produisent en euros et qui vendent en dollars revêt une dimension multilatérale sur laquelle il n'y a pas d'unanimité : sur ce sujet, le G20 a commencé à fixer un cadre dans lequel il est possible de parler des déséquilibres globaux, en particulier entre la Chine et les États-Unis ;

...

- l'étiquetage écologique ne constitue pas un outil de protection commerciale dans la mesure où il ne fait pas partie des règles de l'OMC ; en France, il s'appliquera à tous les produits, y compris importés ;


- beaucoup de ces contrats sont aujourd'hui à concevoir dans une logique de partenariat et l'importance des investissements français à l'étranger permet de monter facilement des usines d'assemblage.



Par martial bourquin - Publié dans : AU SENAT
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