Une mobilisation importante à Montbéliard de tous les salariés, privés et publics, contre la réforme des retraites.
Quelques images (crédit photo Denis Brettey)
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Martial Bourquin
Sénateur socialiste
Au service du Doubs
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Une mobilisation importante à Montbéliard de tous les salariés, privés et publics, contre la réforme des retraites.
Quelques images (crédit photo Denis Brettey)
La semaine dernière,la commission de l'économie a continué d'auditionner des
personnalités autour de la loi NOME. Voici deux de mes interventions.
AUDITION D'HENRI PROGLIO
Il serait dommage que cette loi en vienne à handicaper l'avenir alors qu'EDF a mené une remarquable politique énergétique et en matière de coûts. Je rappelle que souveraineté alimentaire et souveraineté énergétique sont étroitement liées. Cette loi, qui va réduire les investissements d'EDF de 2 milliards par an, ne peut, ne doit pas être votée, d'autant qu'elle organise une concurrence artificielle dans le secteur énergétique. Pourquoi casse-t-on les monopoles ? Parce qu'ils imposent des prix trop élevés. Ici, c'est exactement l'inverse !
En outre, si le nucléaire permet de réduire les émissions de CO2, il pose de graves problèmes de sécurité. Un sous-investissement pourrait avoir des conséquences non-négligeables sur la sécurité. Enfin, la question énergétique est capitale pour mener à bien une grande politique industrielle. Nous devons tout faire pour garder ce fleuron de l'industrie énergétique française, d'autant que nous ne sommes pas obligés de nous incliner systématiquement devant une Commission européenne aux mains d' ayatollahs du néolibéralisme qui veulent instaurer la concurrence partout, y compris lorsqu'elle ne sert à rien. Pourquoi ne pas continuer avec ce qui marche bien ? Ce projet de loi hypothèque purement et simplement l'avenir.
Je souhaiterais également savoir combien British Energy a coûté à EDF et combien lui coûtera le démantèlement des centrales britanniques en fin de vie. Mais comme il s'agit d'un autre sujet, je vous écrirai.
AUDITION DU PRESIDENT DE LA COMMISSION DE LA REGULATION DE l'ENERGIE
Les 2 milliards que perdra EDF chaque année en revendant son électricité à bas coût n'iront pas vers l'investissement. Il faudra au moins 200 millions pour entretenir les centrales. Or, EDF a provisionné 10 millions ! Je crains que le vieillissement des centrales n'étrangle EDF. Le prix doit donc en tenir compte, malgré les engagements du Premier ministre. Car après tout, le Parlement est là pour contrôler le gouvernement. C'est lui qui vote la loi ! Il ne faut pas transférer cette charge de l'entretien et du renouvellement des centrales, sur les générations futures. Le Premier ministre a pris un engagement : il arrive à tout le monde de se tromper mais perseverare diabolicum.
M. Martial
Bourquin attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur l'avenir immédiat des RASED.
Suite à une importante mobilisation fin 2008, son prédécesseur Xavier Darcos avait pris l'engagement de limiter les suppressions de postes d'enseignants et psychologues scolaires travaillant
spécifiquement pour la lutte contre l'échec scolaire.
Or le document interne au ministère de l'éducation nationale relatif au « Schéma d'emplois 2011-2013 » prévoierait de continuer à supprimer massivement ces postes, en dépit des engagements pris,
pour des raisons de choix budgétaires.
Il fait remarquer que l'exigence de compétitivité et de performance à tout prix n'a pas vocation à s'appliquer uniformément dans le monde de l'entreprise et celui des services publics. Il
s'étonne que l'objectif qualitatif de réduction de la fracture scolaire et sociale ne soit pas une véritable priorité nationale et soit ainsi sacrifié à une vision comptable de court terme alors
que des cadeaux fiscaux improductifs n'ont pas été remis en cause.
Lutter pour l'égalité des chances très tôt permet aussi de donner aux enfants tous les atouts pour se former, s'insérer le mieux possible dans le monde du travail et contribuer ainsi à participer
activement à la croissance économique de notre pays ainsi qu'au rétablissement des équilibres budgétaires.
Il lui demande de bien vouloir lui confirmer qu'il respectera les engagements pris par son prédécesseur et ne remettra pas en cause les
RASED.
Arrivé en France en 2001, Aboubacry N'DAYE, d'origine mauritanienne, a multiplié les démarches pour régulariser sa situation mais est aujourd'hui menacé d'explusion.
Je suis intervenu à plusieurs reprises en faveur d'Aboubacry N'DAYE et je souhaite de tout coeur qu'un dialogue constructif s'instaure avec les autorités préfectorales.
De nombreux élus de gauche se sont mobilisés avec les habitants, avec les représentants de RESF pour parrainer Aboubacry N'DAYE. Avec ce mouvement de solidarité, c'est toute l'injustice de la situation des sans-papiers que nous voulons dénoncer et affirmer notre refus d'une politique qui manque totalement d'humanisme.
RESF a lancé une pétition pour soutenir Aboubacry N'DAYE. Cette pétition est accessible sur le site de RESF : http://www.educationsansfrontieres.org/?page=article&id_article=30125
Des signatures seront collectées sur le site du festival Rencontres et Racines les 26 et 27 juin à Audincourt.
Article du Pays de Franche-Comté paru dans l'édition du 20.06.10
Des parrains tricolores pour
Aboulacry
Le Mauritanien Aboulacry N’Daye, 35 ans, menacé d’expulsion, a été placé, hier, au cours d’une émouvante cérémonie de parrainage sous la protection symbolique d’un groupe d’éminents élus du pays de Montbéliard, conduits par le maire d’Audincourt Martial Bourquin.
Les signatures qui ornent le certificat de parrainage délivré, hier, à Audincourt, à Aboulacry N’Daye, 35 ans, résident dans la cité des Forges où il rêve de s’établir définitivement ont de quoi faire pâlir de jalousie les aficionados du gotha politique socialiste du pays de Montbéliard. Le jeune Mauritanien, établi depuis cinq ans à Audincourt, est sous le coup d’un arrêté d’expulsion pris à son encontre par la préfecture du Doubs en août dernier. Cet ancien étudiant en sciences et techniques a été obligé de s’expatrier pour, explique-t-il, se mettre à l’abri des menaces qui pesaient sur lui à cause de son engagement politique dans son pays, la Mauritanie. Arrivé en France en 2001, il n’a jamais pu régulariser définitivement sa situation, n’obtenant que des autorisations provisoires de six mois, plusieurs fois renouvelées, en raison de son état de santé qui a nécessité deux lourdes interventions chirurgicales en 2003 et en 2007. « Son médecin atteste qu’il a besoin de soins constants. Ce qui devrait être une raison suffisante pour l’autoriser à rester en France. Surtout qu’Aboulacry est parfaitement intégré. Il parle un français remarquable et souhaite de tout son cœur s’intégrer dans la vie française. Qu’est-ce qui empêche Aboulacry d’obtenir ses papiers ? Vraiment, on ne comprend pas ! », s’indigne le maire d’Audincourt, Martial Bourquin en qui Aboulacry a trouvé un ardent défenseur. L’élu, entouré des maires de Valentigney, Sochaux, Bethoncourt, Arbouans et d’autres, tous ceints de leur écharpe tricolore, soutenu par le député Pierre Moscovici et par le conseiller général Paul Coizet ne cache pas son agacement : « Quand l’injustice est aussi criante, on doit se lever, se serrer les coudes », exhorte le premier magistrat, fustigeant « cette politique de l’immigration » et appelant de ses vœux « une réponse humaine ». Très ému, Aboulacry a adressé ses remerciements à tous les présents, saluant l’action du maire d’Audincourt, qui pratique « une politique ouverte aux étrangers, une politique du vivre ensemble ».
José Gonzalvez
La réforme des retraites qui vient d’être annoncée par Eric Woerth est aussi injuste que désespérante.
Injuste parce qu’encore une fois de plus, les revenus du capital seront très insuffisamment mis à contribution pour financer les besoins de financement des retraites.
Injuste parce qu’elle pénalise celles et ceux qui ont une carrière longue. Le maintien de l’âge légal de départ à la retraite était un filet de sécurité nécessaire et humain. Je suis scandalisé par la façon dont la question de la pénibilité, savamment mise sous le tapis depuis 2003, est reléguée à la responsabilité des médecins du travail et obligent les salariés à quémander.
Désespérante parce le gouvernement n’a pas exprimé son regret de ne pas avoir abondé le fonds de réserve des retraites initié par le gouvernement de Lionel Jospin ni même ses propres responsabilités dans la situation budgétaire dans laquelle nous nous trouvons.
Désespérante parce que ces annonces occultent de façon dramatique les difficultés des jeunes à entrer durablement sur le marché du travail, la réalité du marché du travail pour les seniors comme la capacité physique et psychique de certains d’entre eux à travailler à plein temps.
Désespérante parce que je ne crois pas un instant que les mesures qui sont annoncées permettront de rééquilibrer durablement les déficits. Aujourd’hui l’amputation à hauteur du genou ne permettra pas d’éviter l’amputation de la jambe entière.
La réforme telle qu’elle est annoncée, prétend sauver la retraite par répartition. Elle organise la concurrence entre les générations, entre les classes sociales, dresse les Français les uns contre les autres, fait la part belle à l’individualisme et préfigure de nouvelles pauvretés.
Sauver la retraite par répartition n’est pas qu’une question d’équilibre budgétaire, c’est une question de société.
Je soutiens sans l’once d’une hésitation le mouvement social du 24 juin.