Mercredi 8 juillet 2009
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J'ai pris une part active à la discussion cette nuit sur le projet de loi modernisation du tourisme.
J'avais été interpellé dans le département où des petits propriétaires d'un appartement de tourisme en ZRR ne parvenaient pas à louer leur résidence, contrairement aux assurances
initiales des promoteurs et se trouvent aujourd'hui confrontés à de graves situations financières.
J'ai proposé deux amendements, visant à sécuriser ces petits propriétaires.
Ces amendements n'ont pas été adoptés.
Je vous livre ici le compte rendu des débats.
Articles additionnels
M. le président. - Amendement n°18,
présenté par M. Bourquin et les membres du groupe socialiste et apparentés.
Après l'article 9 sexies, insérer un article additionnel ainsi
rédigé :
Après l'article L. 321-1 du code du tourisme, il est inséré un article
additionnel ainsi rédigé :
« Art. L. ... - En zone de revitalisation rurale, à moins que l'investisseur n'y
renonce explicitement, aucun logement compris dans une résidence de tourisme classée ne peut être commercialisé en l'absence d'un dispositif de garantie des loyers
impayés. »
M. Martial Bourquin. - L'investissement, apparemment sans danger, dans les résidences de tourisme, complément de retraite appréciable
pour des personnes souvent modestes, devient un cauchemar en cas de défaillance des exploitants de la résidence contraignant l'investisseur à rembourser les avantages
fiscaux.
Un certain nombre de progrès ont déjà eu lieu et une évaluation du dispositif
fiscal est en cours, mais pour ces propriétaires pris à la gorge, il faut aller plus vite et plus loin. Depuis deux ans, la machine s'est emballée car des promoteurs ont fait des offres
locatives déraisonnables et les propriétaires n'ont pas réussi à louer leur appartement, et donc couvrir leur emprunt. Cette situation est catastrophique. Je propose donc de prévoir qu'aucune
offre de commercialisation ne puisse se faire sans garantie des loyers impayés.
L'Assemblée nationale a apporté quelques ajouts bienvenus au projet de loi relatif
aux résidences de tourisme, permettant notamment une exonération de taxe de publicité foncière sur les baux supérieurs à douze ans, des comptes d'exploitation distincts, la mention du droit à
une indemnité d'éviction et de l'identité du gestionnaire dans les documents de commercialisation.
En attendant une réforme globale du secteur des résidences de tourisme, évitons
que les petits investisseurs ne soient pris à la gorge. Pour les sécuriser, ces deux amendements prévoient une garantie des loyers en ZRR.
M. le président. - Amendement n°19, présenté par M. Bourquin et les membres du groupe socialiste et apparentés.
Après l'article 9 sexies, insérer un article additionnel ainsi
rédigé :
Après l'article L. 321-1 du code du tourisme, il est inséré un article
additionnel ainsi rédigé :
« Art. L. ... - Lors de la signature du bail commercial, les exploitants de
résidence du tourisme mentionnés à l'article 321-1 du code du tourisme doivent justifier à l'égard des acheteurs d'une garantie financière suffisante, spécialement affectée à la garantie des
loyers jusqu'à la fin du bail.
« Cette garantie doit résulter de l'engagement d'un organisme de garantie
collective, d'un établissement de crédit ou d'une entreprise d'assurance établis sur le territoire d'un État membre de la Communauté européenne ou d'un autre État partie à l'accord sur l'Espace
économique européen. »
Mme Bariza Khiari, rapporteur. - Je comprends votre préoccupation, mais il faut une vision plus
large. En première lecture, nous avions demandé un rapport sur les résidences de tourisme afin de faire le point sur la législation avant de la modifier. Les députés ont ajouté quelques
articles additionnels pour corriger tel ou tel aspect, sans vision d'ensemble. La commission préfère attendre les conclusions du rapport pour légiférer prochainement de manière globale,
cohérente et équilibrée. Retrait, sinon rejet.
Même avis sur l'amendement n°19, d'autant que les deux dispositifs poursuivent le
même but sans être, apparemment, compatibles.
Sur ces sujets, le législateur doit s'appuyer sur des préconisations claires, sur
un texte à proposer aux acteurs et sur une analyse globale : bref, sur un rapport préalable. Retrait, sinon rejet.
M. Hervé Novelli, secrétaire d'État. - Défavorable aux deux amendements. Il n'est guère praticable de prévoir une garantie obligatoire des
impayés en ZRR : c'est impossible à un coût raisonnable. Le problème n'est pas tant de toucher un loyer à tout prix que de disposer d'un exploitant de qualité. L'obligation de désigner le
gestionnaire dans les documents de commercialisation y satisfait en partie puisqu'elle permet à l'investisseur particulier de se renseigner sur les antécédents de l'opérateur. Le surcoût
financier serait en outre répercuté sur les vacanciers. Dans le contexte actuel, ce n'est pas acceptable.
M. Martial Bourquin. - C'est une erreur de
ne pas agir maintenant. Ces petits retraités sont aujourd'hui dans une situation catastrophique. La TVA à 5,5 % aussi sera répercutée ! Pourquoi tout est-il toujours fait pour ceux du
haut, jamais pour les petits investisseurs ? Si l'on n'agit pas aujourd'hui, on risque de ne jamais le faire ! Je maintiens mes amendements. (« Très bien ! » sur les bancs socialistes)
M. Thierry Repentin. - C'est aussi deux
poids, deux mesures selon le territoire ! C'est par définition en ZRR que la location est la plus difficile. Pourquoi refuser une garantie aux investisseurs qui s'y risquent alors qu'en
zone urbaine, certains produits défiscalisés, qui portent le nom d'anciens ministres, bénéficient d'une garantie de loyer sur une partie de l'année ?
Pourquoi ne pas envisager un couple promoteur-exploitant qui vende ces produits,
d'autant que les investisseurs sont rarement sur place ? On a souvent vu, par exemple, des investisseurs découvrir -trop tard- que le bien acquis était bien plus éloigné de la station de
ski que ce qui leur avait été annoncé...
L'amendement n°18 n'est pas adopté, non plus que l'amendement
n°19.
L'article 10 est adopté.