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Mardi 13 avril 2010 2 13 /04 /Avr /2010 07:32

 

AFFICHE RR 2010

Cette année encore, pour sa 21ème édition, Rencontres et Racines sera un lieu d'échange sur les valeurs de paix et de solidarité, de fraternité et d'humanisme.

 

La programmation du festival s'attache à tous les styles de la World Music, qu'elle soit traditionnelle, actuelle ou émergente. Rencontres et Racines est le moyen de découvrir d'autres musiques et d'autres talents.

C'est aussi la présence de 90 associations qui travaillent tout au long de l'année sur les terres de la solidarité, de l'échange, de la connaissance des autres cultures, sur les valeurs de l'antiracisme, de la tolérance et de la paix entre les peuples de notre monde qui en ont tant besoin.

 

Avec ses dizaines de milliers de visiteurs, Rencontres et Racines sera porteur d'une aspiration forte à l’Écoute du Monde, telle que le proclame le thème de notre édition 2010.

                          Accédez à la programmation en cliquant sur l'affiche AFFICHE RR 2010

  

Pour toute information sur le festival :

   (    03.81.36.37.79 Ê 03.81.35.53.43

 *   rencontresetracines@audincourt.fr

   :    www.audincourt.fr

          http://rencontres-et-racines.audincourt.com

          www.myspace.com/rencontresetracines

 

Par martial bourquin - Publié dans : AUDINCOURT
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Lundi 12 avril 2010 1 12 /04 /Avr /2010 13:19

Je m'apprête à prendre l'avion en direction de Québec. Nous allons consacrer 5 jours à renforcer des accords de coopération entre la communauté d'agglomération de Montbéliard et la ville de Saint-Jérôme.

Je suis enthousiasmé à l'idée de revoir quelques personnalités passionnées par leur pays, avec une vraie tradition d'hospitalité, et que j'avais eu la chance de rencontrer l'année dernière.

Jeudi soir, j'aurai également l'opportunité de dîner avec Jean Charest, premier ministre du Québec.

Je pourrai sans doute vous en dire plus dans quelques jours sur ces rencontres, qui seront certes très sympathiques, mais en lesquelles je forme beaucoup d'espoir pour aider au développement économique et au rayonnement de la communauté d'agglomération.

 

Par martial bourquin - Publié dans : DANS LE DOUBS
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Mardi 6 avril 2010 2 06 /04 /Avr /2010 10:08

Monsieur le président, monsieur le secrétaire d’État, mes chers collègues, je tiens à mon tour à remercier sincèrement ma collègue Bariza Khiari d’avoir une fois de plus remis l’ouvrage sur le métier en interpellant notre assemblée sur la lutte contre les discriminations.


En la matière, les piqûres de rappel sont sans cesse nécessaires, et ce pour une double raison : d’une part, comme les intervenants l’ont rappelé, l’exclusion prend des formes à la fois variées et changeantes ; d’autre part, l’égalité, pourtant inscrite au fronton de nos mairies, n’est pas naturelle. L’égalité est le fruit d’un travail quotidien, difficile, toujours enthousiasmant, jamais satisfaisant, surtout lorsque des discours politiques – pour certains tout à fait respectables en apparence – s’appliquent à dresser différentes catégories de population les unes contre les autres, en espérant en tirer un quelconque avantage électoral.


Comme mes collègues, je dois dire que j’ai été profondément choqué par le débat sur l’identité nationale lancé par le Gouvernement sur l’initiative de M. Besson. En quelques mois, sous prétexte de libérer les paroles, j’ai vu des actions pour l’égalité, réalisées dans la discrétion par des travailleurs sociaux, des militants associatifs, des élus, des pères et des mères, subitement et considérablement mises à mal. C’est un véritable gâchis ! Comment le Gouvernement pouvait-il ignorer que, compte tenu de l’ampleur de la crise économique et sociale actuelle, un tel débat ne ferait qu’attiser des réflexes bien connus de peur et de rejet de l’autre et qu’exacerber le sentiment d’injustice ainsi que la tendance à l’autodiscrimination ? Je ne comprends toujours pas qu’il ait pris la responsabilité de mettre de l’huile sur le feu, de jouer à l’apprenti sorcier dans un contexte humain, économique et social que nul n’est vraiment capable de maîtriser.

Selon moi, le Gouvernement a présumé de ses forces, alors même que l’histoire regorge de nombreux exemples ayant démontré le lien connexe entre crise économique, désespoir social et rejet de l’autre.


Le cocktail associant désindustrialisation massive, exclusion, précarité et débat sur l’identité nationale a abouti à ce que, aux dernières élections régionales, le Front national réapparaisse, fortement même dans certains quartiers, devançant parfois la majorité présidentielle actuelle. Au regard des multiples discriminations constatées ou, pis encore, de l’ampleur prise par le sentiment de ne plus faire partie de la communauté nationale, nous avons connu une année décidément très noire. Les signaux d’alerte sont en effet très inquiétants. Les dimanches 14 et 21 mars derniers, 70 % des habitants des quartiers dits « difficiles » – 80 % au premier tour – ne se sont pas déplacés pour voter. Issues de la France « visible », comme de la France « de souche » chère à M. Longuet, ces populations ont exprimé par un silence assourdissant un message d’une violence rare.


En agissant ainsi et aussi massivement, elles se sont volontairement placées hors de la République, hors de la communauté nationale et hors de la société, en actant, d’une certaine façon, le fait que cette société ne voulait pas d’elles.

À tous ces habitants, que je côtoie souvent du fait de mes responsabilités de maire d’une commune de 15 000 habitants comportant plusieurs quartiers sensibles, et en particulier aux plus jeunes, j’aimerais pouvoir dire ces mots d’André Gide : « Il y a d’admirables possibilités dans chaque être. Persuade-toi de ta force et de ta jeunesse. Sache te redire sans cesse : “Il ne tient qu’à moi”. » Mais je ne veux pas leur mentir. La plupart des jeunes gens qui viennent souvent en mairie demander de l’aide ont tout fait, parfois tout au long de leur existence, pour s’intégrer au mieux dans la société : ils ont suivi des études, de multiples formations ; ils ont pris des responsabilités au sein de la vie associative et culturelle, et s’y sont intégrés en faisant montre d’un comportement exemplaire. Ils veulent de toutes leurs forces accéder à une vie normale et paisible, payer des impôts, tout simplement, ou accéder à un premier emploi. Ces choses, toutes simples pour nous, représentent un véritable chemin de croix pour eux !


Bien sûr, les médias trouvent toujours des exemples qui montrent la belle réussite de telle ou telle personne originaire d’un quartier difficile. Mais parce que ceux-là restent exceptionnels, ils renvoient les autres jeunes à leurs propres échecs, en les rendant responsables de tout. Des initiatives ont été proposées. Bariza Khiari et d’autres orateurs ont fait référence au CV anonyme, qui peut lever des barrières. Faut-il généraliser cette formule ? Voilà une véritable question, que nous devons mettre au cœur de nos débats. Cependant, le moyen le plus efficace pour briser de telles barrières est, me semble-t-il, de proposer un travail aux jeunes, très vite. Il faut intervenir massivement dans les quartiers. Il s’agit non pas de « travailler plus pour gagner plus », mais tout simplement de travailler, juste de travailler. Obtenir ce fameux premier emploi, c’est avoir la possibilité de se stabiliser, de rebondir et, parfois, de commencer une vie normale, comme chacune et chacun d’entre nous. À mon sens, le dispositif des zones franches urbaines est trop peu efficace pour créer la dynamique nécessaire. En fait, il crée plutôt des effets d’aubaine.

M. Jean-Marie Bockel, secrétaire d'État à la justice. C’est vrai !


M. Martial Bourquin. Chez moi, j’ai pu constater les effets néfastes du « déménagement fiscal » des professions libérales qui, s’implantant dans les zones franches, désertent les centres-villes. Les personnes concernées empochent l’argent de la défiscalisation, se regroupent et, parfois, suppriment des emplois. Les contreparties de ces zones franches en termes d’emplois sont très faibles, trop faibles, et les contrôles pour redresser la barre souvent anecdotiques. Bien entendu, je ne jette pas la pierre à ces professionnels : ils profitent simplement du dispositif législatif en vigueur, et, après tout, c’est humain. Mais je pense que la loi devrait être beaucoup plus restrictive, afin d’empêcher tous ces déménagements des centres-villes.


Par ailleurs, un jeune qui n’a pas de travail et qui voit une entreprise s’installer dans son quartier uniquement pour bénéficier de la défiscalisation, parfois pour plusieurs centaines de milliers d’euros, le ressent comme un véritable affront. Pour ma part, et je le souligne sans a priori partisan, j’ai soutenu la politique des emplois-jeunes dans ma ville de 15 000 habitants. Sur les 35 que j’ai créés, 95 % ont débouché sur des contrats à durée indéterminée, dans les professions libérales, le bâtiment ou la fonction publique territoriale. Cela a été une véritable réussite. Pourquoi ? Parce que les jeunes concernés ont pu travailler pendant cinq ans, être rémunérés au SMIC, tout en bénéficiant de formations multiples et approfondies. Monsieur le secrétaire d’État, si l’appellation « emplois-jeunes » vous pose un problème idéologique, changez-la ! Mais, je vous en conjure, agissez, car la situation dans les quartiers s’apparente à une bombe à retardement ! (M. Jacky Le Menn acquiesce.)


S’il n’y a pas d’action forte et massive, nous le paierons assurément très cher ! Cela a été rappelé tout à l’heure, il faut sauvegarder la présence de l’État et des services publics dans les quartiers en difficulté, tout comme dans les territoires ruraux, d’ailleurs. Pour ne prendre qu’un exemple, La Poste vient de m’annoncer que le bureau de ma commune serait ouvert non plus cinq jours, mais quatre. Dans quelques mois, je le sais, on me proposera que ses missions soient prises en charge par une agence communale… Tout cela n’est pas de bon augure. Monsieur le secrétaire d'État, mes chers collègues, je conclurai par deux citations. L’abbé Pierre avait coutume de dire : « On ne peut pas, sous prétexte qu’il est impossible de tout faire en un jour, ne rien faire du tout. » Et selon un proverbe asiatique : « Si tu donnes un poisson à un homme, il mangera un jour. Si tu lui apprends à pêcher, il mangera toujours. »

 

M. Jean-François Humbert. C’est un précepte taoïste !

 

M. Martial Bourquin. La lutte contre les discriminations, c’est la lutte pour la dignité humaine. Donnons une chance à ces jeunes, femmes ou hommes, qui veulent tout simplement vivre comme tout le monde !

 


Par martial bourquin - Publié dans : AU SENAT
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Vendredi 2 avril 2010 5 02 /04 /Avr /2010 14:42

Jeudi 1er avril, je suis intervenu dans le cadre du débat sur l'avenir du raffinage

 

 


M. Martial Bourquin. Madame la présidente, monsieur le ministre, mes chers collègues, permettez-moi un préalable. Nous sommes aujourd'hui le 1er avril, jour renommé pour les plaisanteries. Le prix du gaz augmente aujourd'hui de 9,5 % pour cette année. J'espère, monsieur le ministre, que vous nous annoncerez en fin d'intervention que cette mesure n'est qu'une blague, certes très mauvaise, mais une blague tout de même. J'ai effectivement une pensée pour les ménages les plus modestes qui subiront cette augmentation. Ils n'ont vraiment pas besoin de cela dans un contexte de crise économique et sociale d'une ampleur inégalée !

L'annonce soudaine par la direction de Total de la fermeture de la raffinerie des Flandres a subitement braqué le projecteur sur le sort de l'ensemble de la filière du raffinage dans notre pays et, à travers elle, des douze raffineries présentes sur le territoire.

Or les menaces qui pèsent sur le raffinage ne sont pas nouvelles. Au début des années quatre-vingt, après les deux chocs pétroliers, nous nous étions déjà posé la question de conserver ou non une indépendance énergétique et une capacité de production dans notre pays. Les derniers chiffres de l'Agence internationale de l'énergie montrent bien une tendance lourde à la baisse de la consommation des produits raffinés, commune à toute l'Europe et accentuée au cours des dernières années.

De la même manière, qui pourrait prétendre que nous venons de découvrir avec stupeur que les énergies fossiles n'auraient plus à l'avenir le même impact sur notre économie qu'auparavant ? De toute manière, comme vient de le souligner mon collègue Jean-Claude Danglot, cela ne peut pas être l'alibi pour des fermetures et des délocalisations.

On ne peut pas non plus ignorer, dans les politiques publiques, qu'il faudra s'orienter vers une diversification énergétique et prendre en compte les légitimes préoccupations environnementales.

Des signaux d'alerte existaient déjà. Il y a un an, le 10 mars 2009, Total annonçait la suppression de 550 emplois dans le raffinage, ce qui avait alors sincèrement ému Laurent Wauquiez, du moins en apparence. Le secrétaire d'État chargé de l'emploi avait indiqué que ce plan lui restait « en travers de la gorge ». Visiblement, il s'en est remis depuis et la lente agonie du raffinage s'est poursuivie, sans d'autres indignations constructives.

J'ai entendu dire dernièrement que le Grenelle de l'environnement serait responsable de la crise du raffinage que nous vivons actuellement.

Si crise il y a, elle est sans doute considérablement renforcée par le défaut d'anticipation, l'absence de régulation et l'absence d'investissement, ce qui a laissé toute la place à Total pour mener ses opérations de recherche du profit, sans contrepartie et, surtout, sans prise en compte de ses responsabilités industrielles, sociales et environnementales.

Car, en fait, qui doit décider des tenants et aboutissants de la politique énergétique ? Ce n'est ni Total ni M. Christophe de Margerie, de même que ce n'est pas Carlos Ghosn qui décide de la stratégie industrielle automobile, s'il convient de délocaliser, à quel rythme il faut le faire, s'il est souhaitable ou non de construire des voitures électriques. C'est à vous, monsieur le ministre, à votre Gouvernement et à la représentation nationale de décider et de dicter la politique à mener à nos entreprises !

Cette question du raffinage recouvre effectivement celle de l'indépendance énergétique du pays. Nous examinerons prochainement un projet de loi de modernisation de l'agriculture et de la pêche : si l'indépendance alimentaire est fondamentale, l'indépendance énergétique l'est tout autant !

Le 15 avril prochain doit se tenir la fameuse table ronde sur l'avenir du raffinage, avec des représentants des salariés de Total et d'Exxon Mobil. Je n'ai absolument rien contre M. Jean-Louis Borloo, rien, surtout, contre ses préoccupations environnementales : j'ai les mêmes, et chevillées au corps !

Pourtant, monsieur le ministre, l'avenir du raffinage et, parlons clairement, la reconversion des bassins industriels potentiellement concernés à moyen terme ne se résument pas à une question environnementale et énergétique. C'est une question industrielle au premier chef, et une question complexe qui demande de prendre en compte la totalité de la filière, sans occulter les sous-traitants et en allant jusqu'à considérer les conséquences sur d'autres sites pétrochimiques, contraints d'évoluer et de s'adapter. Les conséquences portuaires, notamment sur le port de Dunkerque, seront sans doute très importantes.

À ce titre, cette table ronde doit avoir pour objectif principal de clarifier publiquement la stratégie que vous préconisez et de nous permettre de savoir si vous vous donnez les moyens d'atteindre les buts fixés, y compris les moyens financiers.

À ce jour, j'ai pourtant la douloureuse impression – et je ne suis pas le seul – que Total entend déterminer seul l'avenir du raffinage. Monsieur le ministre, je ne crois pas qu'il faille continuer à accepter sans sourciller que le groupe détienne un pouvoir aussi exorbitant sur toute une partie de la politique énergétique française.

En 2008, je le rappelle, car le chiffre est éclairant, Total a réalisé les plus importants bénéfices jamais engrangés par une entreprise française : 13,9 milliards d'euros ! Total a d'ailleurs réinvesti, selon ses dires, 59 % de ses bénéfices. Elle n'en a pas moins continué à verser à ses actionnaires 4,9 milliards d'euros en 2008, après leur avoir versé 4,7 milliards d'euros en 2007. Par ailleurs, Total continuerait de procéder à des rachats d'actions pour un montant, tenez-vous bien, mes chers collègues, de 5,5 milliards d'euros.

Vous en conviendrez, ce n'est pas du tout le quotidien des petites et moyennes entreprises, qui rencontrent aujourd'hui de nombreux problèmes de trésorerie.

Total dispose actuellement d'une trésorerie très importante, qui devrait lui permettre de voir sereinement l'avenir et, surtout, d'assumer les responsabilités qui sont les siennes. D'autant que, il faut le souligner également, Total continue de conduire des partenariats avec l'État.

Je me permets de rappeler quelques faits.

En 2009, Total est engagé avec l'État et a reçu, à ce titre, 7,2 millions d'euros via l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, l'ADEME, pour des recherches sur des agrocarburants de deuxième génération, dans le cadre d'un financement pluriannuel du projet « BioTfuel ».

En 2010, Total, encore lui, va considérablement bénéficier de la disparition de la taxe professionnelle et de l'enterrement – un enterrement de première classe ! – de la taxe carbone. Je dispose des chiffres pour la région Nord - Pas-de-Calais : la communauté urbaine de Dunkerque perdra 13 millions d'euros. Cette perte sera, certes, compensée cette année, mais aucune information n'est donnée pour les années suivantes. Je crois que de tels allégements fiscaux nécessitaient un minimum de contreparties, notamment sociales et industrielles.

Hier, Total a annoncé avoir obtenu le 1er mars 2010, par arrêté ministériel, le « permis de Montélimar » pour une durée de cinq ans. Ce permis permettra à Total d'explorer une zone de 4 327 kilomètres carrés en vue d'en démontrer le potentiel en shale gas.

Ces investissements sont nécessaires et sont sources de perspectives de développement et d'emplois intéressantes. À ce titre, monsieur le ministre, j'aimerais beaucoup que vous nous en disiez plus sur les retombées économiques et les conséquences en termes d'emploi attendues. Qu'avez-vous négocié ? Qu'avez-vous exigé ?

J'ai interrogé Didier Guillaume, président du conseil général de la Drôme, qui est très concerné par ces concessions. Notre collègue m'a dit ne pas avoir eu connaissance des possibles développements économiques et sociaux pour son département de cette opération. Je crois qu'il serait temps de réunir les élus de la région.

Même si cet investissement gazier me paraît prometteur, il ne doit pas rimer avec l'abandon pur et simple des bassins d'emploi jugés moins directement rentables. Il ne serait pas acceptable de déshabiller Pierre pour habiller Paul, Total ayant tout à fait les moyens de mener les deux de front.

Le risque est effectivement grand qu'il revienne aux pouvoirs publics et aux contribuables d'assumer toutes les conséquences sociales de ce désengagement, y compris le reclassement effectif des salariés et des sous-traitants, à charge pour les collectivités locales d'en assumer également les conséquences humaines.

Monsieur le ministre, il est vraiment temps que l'État français cesse de se faire dicter sa politique industrielle par les grands groupes.

Ces entreprises ont une responsabilité industrielle, sociale, environnementale, et c'est à vous qu'il revient d'en définir les contours comme de les faire respecter.

Monsieur le ministre, j'en viens à mon dernier point.

En avril 2009, vous avez installé dix commissaires à la réindustrialisation…

M. Christian Estrosi, ministre chargé de l'industrie. Onze !

M. Martial Bourquin. …- soit !- présents dans onze régions, dont le Nord-Pas-de-Calais. Ces commissaires, chargés de « prévenir, accompagner et rebâtir » les bassins d'emploi en difficulté,  étaient dotés d'un fonds de 100 millions d'euros.

L'exemple du désengagement de Total et les conditions inacceptables dans lesquelles ce dernier a été opéré, au mépris de la concertation la plus élémentaire, attestent les grandes limites du dispositif que vous avez choisi de mettre en place. Ces commissaires n'ont pas les moyens de prévenir des transitions industrielles d'une telle ampleur. L'enveloppe de 100 millions d'euros est très insuffisante : il faudrait sans aucun doute l'abonder.

Il y a plus d'un an, en juin 2009, mon collègue François Rebsamen proposait une contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grosses entreprises, notamment Total. Sa proposition, que nous avons soutenue et que votre majorité avait rejetée, aurait permis de redistribuer et de provisionner pour l'avenir des sommes qui font aujourd'hui cruellement défaut pour mener une politique de transition industrielle, de sécurisation des parcours professionnels et d'accompagnement des personnels digne de ce nom.

Je vous demande donc instamment de reprendre la main sur la politique énergétique, monsieur le ministre, d'associer les collectivités locales et territoriales et de nous proposer une stratégie industrielle d'ensemble, qui devrait certainement être plus européenne qu'elle ne l'est actuellement.

L'indépendance énergétique de notre pays et de l'Union européenne n'est pas l'affaire de Total, elle est bien de la responsabilité de la représentation nationale. Selon l'adage, gouverner, c'est prévoir. Pour ma part, il me semble que le Gouvernement subit plus qu'il ne prévoit !

Par martial bourquin - Publié dans : INDUSTRIE
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Vendredi 2 avril 2010 5 02 /04 /Avr /2010 12:34

La parole est à M. Martial Bourquin.

M. Martial Bourquin. Nous débattons depuis une heure environ et j'ai l'impression que nos collègues de la majorité ne se rendent pas compte que le temps de travail diminue actuellement dans notre pays.

Il y a deux façons de faire diminuer le temps de travail : en mettant de nombreuses personnes au chômage, ou bien en réduisant le temps de travail pour tous afin que chacun ait un emploi.

Effectivement, il y a une ligne de clivage entre nous. Nous avons choisi de diminuer le temps de travail pour tous afin que tout le monde puisse travailler. Quant à vous, vous préférez qu'une minorité ou une partie de la population travaille de plus en plus, tandis que l'autre partie est au chômage ! (Applaudissements sur les travées du groupe socialiste.)

M. Alain Fouché. Il n'y a pas de crise, selon vous !

M. Alain Gournac. Les 35 heures, cela ne marche pas !

M. Martial Bourquin. Pourquoi cela ? Parce que le chômage de masse permet d'exercer une pression intolérable sur les salariés, qui doivent travailler plus et dans de mauvaises conditions.

Mme Annie David. Et ne plus revendiquer !

M. Martial Bourquin. Cela permet de dire à ceux qui ne sont pas contents que vingt personnes attendent à la porte de l'entreprise pour occuper leur emploi ! Voilà pourquoi vous avez choisi la première solution : parce qu'elle correspond à votre conception ultralibérale de la société.

Pour notre part, nous avons une conception keynésienne de la société, dans laquelle le plein-emploi doit être une obsession.

M. Alain Fouché. C'est facile à dire !

M. Martial Bourquin. Enfin, il ne faudrait pas dire n'importe quoi s'agissant de l'Allemagne. Nous sommes en contact avec des syndicalistes allemands de Volkswagen : le temps de travail dans cette entreprise y est de 33 heures par semaine !

M. Gérard Longuet. Mais combien de semaines par an ? Ce chiffre ne veut rien dire !

Mme Annie David. Eux aussi, ils ont des congés payés !

M. Martial Bourquin. La taxe professionnelle existe en Allemagne : Volkswagen la paie et verse des salaires supérieurs de 20 % à 30 % aux salaires français. Et pourtant, les voitures allemandes sont fabriquées à 80 % en Allemagne.

Il s'agit d'un choix politique du gouvernement allemand, mes chers collègues ! Les Länder et l'État allemand ont décidé, à un moment donné, de mener une véritable politique industrielle, notamment dans le secteur de la machine-outil, alors même que la France se perdait dans la finance. Voilà la réalité ! (Très bien ! et applaudissements sur les travées du groupe socialiste et du groupe CRC-SPG.)

Par martial bourquin - Publié dans : AU SENAT
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