Jeudi et vendredi dernier, la mission désindustrialisation s'est déplacée en région Rhône-Alpes pour des rencontres et visites
de sites. Ici la table-ronde d'Oyonnax a rassemblé un grand nombre d'acteurs de la vie économique.
Au service du Doubs
Jeudi et vendredi dernier, la mission désindustrialisation s'est déplacée en région Rhône-Alpes pour des rencontres et visites
de sites. Ici la table-ronde d'Oyonnax a rassemblé un grand nombre d'acteurs de la vie économique.
Je suis aujourd'hui en déplacement dans l'Ain puis en Savoie dans le cadre de la mission désindustrialisation des territoires.
Notre délégation s'intéresse tout particulièrement à la situation de la filière "plasturgie" ainsi que la filière des électro-intensifs.
Chaque semaine, depuis plusieurs mois, la mission désindustrialisation auditionne au Sénat de nombreux acteurs et chercheurs concernés par l'industrie. Mercredi 15 septembre, la mission auditionnait Lilas Demmou, chargée de mission à l'OCDE et auteur d'un rapport paru en février dernier sur la désindustrialisation en France.
La mission sénatoriale sur la désindustrialisation des territoires que je préside, effectue aujourd'hui son premier déplacement dans les territoires en Région Rhône-Alpes.
Cette région au tissu industriel très riche se caractérise notamment par un réseau de sous-traitants très important. J'attends beaucoup des rencontres prévues qui nous permettront d'aller au devant des entreprises, des partenaires sociaux, des élus.
Nous nous trouvons aujourd'hui dans le
Rhône.
La délégation s’entretiendra successivement avec M. Jacques Gérault, préfet ; M. Jean-Paul Mauduy, Président de la Chambre régionale de commerce et d’industrie ; les dirigeants de Renault Trucks, d’Iris bus et des industries pharmaceutiques ; M. Thierry de La Tour d’Artaise, PDG du groupe SEB ; plusieurs représentants du secteur de la chimie (en table ronde, avec des dirigeants d’entreprises puis avec les partenaires sociaux) ; M. David Kimelfeld, vice-président du Grand Lyon chargé du développement économique, et M. Jean-Jacques Pignard (Rhône-UC), vice-président du Conseil général.
Le 17 septembre, la délégation poursuivra son déplacement à Oyonnax pour rencontrer des représentants du secteur de la plasturgie, puis à Saint-Jean-de-Maurienne pour évoquer en particulier les problématiques spécifiques aux industries électro-intensives.
La semaine dernière, nous avons effectué un premier déplacement à Bruxelles au contact de représentants de la Commission européenne.
(de gauche à droite, Léa Guillebaud, administratrice du Sénat, Jean-Jacques Mirassou, Sénateur de Haute-Garonne et Vice-président de la mission, Martial Bourquin, Alain Chatillon,
rapporteur de la mission, Raymond Vall, Sénateur du Gers et Michel Teston, Sénateur de l'Ardèche)
Le gouvernement vient de prendre l'initiative de créer un observatoire du "Fabriqué en France." Une intention que j'ai souhaité commenter
COMMUNIQUE DE MARTIAL BOURQUIN, Sénateur du Doubs
Martial Bourquin, Sénateur du Doubs, président de la mission d’information commune sur la désindustrialisation des territoires du Sénat, espère que l’Observatoire du
« Fabriqué en France » installé le 31 août par le ministère de l’industrie marquera une véritable prise de conscience générale concernant la réalité de la désindustrialisation de notre pays.
C’est en effet le décalage très net entre la réalité et les discours qui ont conduit les sénateurs socialistes à demander une mission d’information commune sur la désindustrialisation des
territoires, installée depuis mai 2010 et qui poursuivra ses travaux dans les régions et à l’étranger dès la semaine prochaine.
Ce recul de l’industrie dans notre pays, accéléré par la crise, se marque depuis des années dans les territoires par la disparition parfois silencieuse de PME et
sous-traitants et la fragilisation de bassins d’emplois. Martial Bourquin note que cette désindustrialisation aurait sans doute pu être analysée et freinée plus tôt et plus fort mais n’a pas été
vraisemblablement la priorité absolue de la majorité parlementaire depuis 2002.
Par ailleurs, le Sénateur du Doubs n’est pas persuadé que les raisons invoquées pour expliquer ce déclin soient les bonnes ou soient seules responsables.
L’augmentation des échanges mondiaux ou l’évolution des consommateurs sont certes des facteurs importants mais ne peuvent être le paravent de l'absence de résultats de la politique industrielle
dans notre pays.
Le président de la mission désindustrialisation du Sénat trouve intéressante la démarche de cet observatoire de comprendre l’industrie au travers du prisme de ses
filières et de contrats de filières. Martial Bourquin aurait aimé que l’aménagement du territoire et l’intérêt des bassins d’emplois soit une donnée beaucoup plus présente. Il espère par ailleurs
que l’absence de prise en compte d’industries liées à l’économie verte ne soit liée qu’à des problèmes statistiques. Il serait en effet incompréhensible que la France soit hors-jeu.
Le Président de la mission désindustrialisation des territoires souhaite que l’Etat français effectue une petite révolution pour réorienter son action et ses aides
publiques pour mettre en pratique cette intention du "Fabriqué en France". Il s’agit en effet de conditionner ces aides d'Etat à des exigences en termes d’emploi, d’environnement et d’aménagement
du territoire. Il souhaite également une réorientation du crédit impôt recherche qui semble manquer sa cible quand il s’agit de promouvoir la recherche et l’innovation des PME.
Martial Bourquin souligne enfin malheureusement que des exemples très récents montrent bien les grandes difficultés qui consisteraient à faire vivre un tel « label
Fabriqué en France » puisque Renault, dont l’Etat possède 15% du capital, vient de confier la réalisation des sièges arrières de la Zoé à un équipementier turc, que la Poste, à 100% public vient
d’attribuer un marché de scooters à une entreprise taïwanaise et que le FSI a financé des projets d’entreprises qui ont poursuivi la délocalisation de certaines de leurs activités.
La lutte contre la désindustrialisation ne peut se résoudre d’un coup de baguette magique par un label ou un observatoire. Elle nécessite une stratégie globale
européenne, nationale et locale, qui s’appuie beaucoup plus sur son réseau de PME, ses bassins d’emplois et d’innovations, en considérant les collectivités territoriales comme de véritables
partenaires économiques.
La semaine dernière, nous avons poursuivi nos auditions dans le cadre de la loi NOME (Nouvelle organisation du marché de l'énergie).
J'ai en particulier fait part au PDG de GDF/Suez de mon attachement à préserver une indépendance énergétique.
Il me semble incroyable d'organiser ainsi une concurrence artificielle. Lorsqu'une situation de monopole maintient les prix à un niveau élevé, la concurrence est une stratégie pour les faire diminuer. Mais quand le monopole assure des prix bas, comment instaurer la concurrence au seul motif que le Premier Ministre s'est engagé à le faire auprès de la Commission européenne ? Il aurait au moins fallu en débattre avant. C'est, avec la souveraineté alimentaire, le sujet le plus important pour tout pays. Et la politique industrielle en dépend.
Deux milliards d'euros en moins pour EDF, ce sont deux milliards en moins pour l'investissement et la recherche. Si l'énergie est bon marché en France, c'est grâce au parc nucléaire mais la contrepartie en est un impératif de sécurité et une obligation de renouvellement. Et il faut financer la recherche, fondamentale, appliquée et R&D. Une autre voie était possible. La France a des particularités, EDF est le fleuron de notre économie et avant toute décision, il aurait fallu réfléchir. La loi NOME affaiblira nos capacités. Et nombre d'intervenants auditionnés ont mentionné les pannes dans les centrales : ils évaluent à 6 milliards d'euros la dépense nécessaire pour améliorer les réseaux...
Et ne nous dites pas comme s'il s'agissait d'un argument recevable que les consommateurs belges ont eux aussi payé la construction du parc énergétique historique. En France ou en Belgique, il n'y a pas de justification à faire payer deux fois les particuliers ! Ils se fournissaient à un prix faible, à présent la loi annonce des hausses. C'est pourquoi nous ne partageons pas votre enthousiasme pour ce texte.