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INDUSTRIE

Mardi 29 juin 2010 2 29 /06 /Juin /2010 09:05

La semaine dernière,la commission de l'économie a continué d'auditionner des personnalités autour de la loi NOME. Voici deux de mes interventions.


 

AUDITION D'HENRI PROGLIO

Il serait dommage que cette loi en vienne à handicaper l'avenir alors qu'EDF a mené une remarquable politique énergétique et en matière de coûts. Je rappelle que souveraineté alimentaire et souveraineté énergétique sont étroitement liées. Cette loi, qui va réduire les investissements d'EDF de 2 milliards par an, ne peut, ne doit pas être votée, d'autant qu'elle organise une concurrence artificielle dans le secteur énergétique. Pourquoi casse-t-on les monopoles ? Parce qu'ils imposent des prix trop élevés. Ici, c'est exactement l'inverse !

En outre, si le nucléaire permet de réduire les émissions de CO2, il pose de graves problèmes de sécurité. Un sous-investissement pourrait avoir des conséquences non-négligeables sur la sécurité. Enfin, la question énergétique est capitale pour mener à bien une grande politique industrielle. Nous devons tout faire pour garder ce fleuron de l'industrie énergétique française, d'autant que nous ne sommes pas obligés de nous incliner systématiquement devant une Commission européenne aux mains d' ayatollahs du néolibéralisme qui veulent instaurer la concurrence partout, y compris lorsqu'elle ne sert à rien. Pourquoi ne pas continuer avec ce qui marche bien ? Ce projet de loi hypothèque purement et simplement l'avenir.

Je souhaiterais également savoir combien British Energy a coûté à EDF et combien lui coûtera le démantèlement des centrales britanniques en fin de vie. Mais comme il s'agit d'un autre sujet, je vous écrirai.




 

AUDITION DU PRESIDENT DE LA COMMISSION DE LA REGULATION DE l'ENERGIE

Les 2 milliards que perdra EDF chaque année en revendant son électricité à bas coût n'iront pas vers l'investissement. Il faudra au moins 200 millions pour entretenir les centrales. Or, EDF a provisionné 10 millions ! Je crains que le vieillissement des centrales n'étrangle EDF. Le prix doit donc en tenir compte, malgré les engagements du Premier ministre. Car après tout, le Parlement est là pour contrôler le gouvernement. C'est lui qui vote la loi ! Il ne faut pas transférer cette charge de l'entretien et du renouvellement des centrales, sur les générations futures. Le Premier ministre a pris un engagement : il arrive à tout le monde de se tromper mais perseverare diabolicum.

Par martial bourquin - Publié dans : INDUSTRIE
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Lundi 31 mai 2010 1 31 /05 /Mai /2010 11:08

« L’industrie française est moderne ! », assure Martial Bourquin, président de la Mission commune d’information sur la désindustrialisation des territoires

S. Le Gall | 28/05/2010 |

Le Sénat a lancé, le 27 mai, les travaux et auditions de la mission d’information sur la désindustrialisation des territoires créée à l’initiative du groupe socialiste. Son rapport est attendu début 2011.

 

 

Interview de son président, Martial Bourquin, sénateur du Doubs (PS - Franche-Comté).


Quel constat a conduit le groupe socialiste à initier cette mission ?

 
Tout simplement la situation vraiment très difficile que traverse l’industrie française. Entre 2002 et 2008, ce secteur a perdu 500 000 emplois. Depuis 2000, la part de l’industrie dans la population active est passée de 16 % à moins de 13 %. Ces destructions d’emplois touchent en premier lieu les plus de 55 ans, qui ont beaucoup de mal à retrouver une activité professionnelle.


Quel est l’axe principal de cette consultation ?

Recueillir le plus large panel d’expertises afin d’avoir une vision la plus proche de la réalité possible. Nous allons consulter, soit lors d’entretiens, soit via l’envoi d’un questionnaire, des industriels, des chercheurs et aussi des élus locaux, présidents de régions, de départements et d’intercommunalités, que nous considérons comme des interlocuteurs naturels sur la question de la désindustrialisation.

Notre objectif est de constater les difficultés, mais aussi les réussites. Ce travail devrait nous permettre d’élaborer un diagnostic de la désindustrialisation avant de formuler des propositions.

Concrètement, nous avons commencé, jeudi 27 mai, nos auditions en rencontrant des représentants de L’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) et du Conseil d’analyse économique (CAE), et nos premiers déplacements sur le terrain auront lieu, début juin, en Nord-Pas-de-Calais et en Rhône-Alpes. Nous nous rendrons également à l’étranger, examiner le modèle allemand qui fait figure de référence avec une proportion de 30 % de son PIB réalisé dans le secteur de l’industrie, et aussi en Italie qui se distingue par un nombre important de petites et moyennes entreprises organisées, de façon probante, en district.

Croyez-vous encore en l’industrie comme moteur économique ?

Tout à fait. Tout comme je crois aussi au volontarisme politique. La récente crise financière nous a appris que les pays qui ont le mieux résisté sont des pays fortement industrialisés. Des théories, dangereuses, ont voulu nous faire croire que l’industrie était appelée à disparaître selon un cycle naturel, comme il était, paraît-il, naturel qu’un pays développé soit conduit à délocaliser. Je ne crois pas en ce fatalisme. La France et ses territoires ont de véritables atouts industriels à valoris
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Par martial bourquin - Publié dans : INDUSTRIE
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Vendredi 30 avril 2010 5 30 /04 /Avr /2010 09:29

Mardi prochain, le Sénat installera une mission commune d'information parlementaire sur la désindutrialisation des territoires.

Je suis ravi que le groupe socialiste du Sénat ait pris l'initiative il y a quelques semaines de proposer la constitution de cette mission.


J'aurai l'honneur de faire partie des 26 membres qui travailleront pendant près de 6 mois sur ce thème qui m'est très cher. J'espère que nous pourrons arriver à un diagnostic très précis de la désindustrialisation et de ses conséquences actuelles et futures sur nos territoires.

 

 

Je compte prendre une part très active à ces travaux parlementaires : pour cela les expériences et propositions que vous pourriez me faire me seront très utiles.

 

N'hésitez pas à me les faire parvenir.


Par martial bourquin - Publié dans : INDUSTRIE
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Vendredi 2 avril 2010 5 02 /04 /Avr /2010 14:42

Jeudi 1er avril, je suis intervenu dans le cadre du débat sur l'avenir du raffinage

 

 


M. Martial Bourquin. Madame la présidente, monsieur le ministre, mes chers collègues, permettez-moi un préalable. Nous sommes aujourd'hui le 1er avril, jour renommé pour les plaisanteries. Le prix du gaz augmente aujourd'hui de 9,5 % pour cette année. J'espère, monsieur le ministre, que vous nous annoncerez en fin d'intervention que cette mesure n'est qu'une blague, certes très mauvaise, mais une blague tout de même. J'ai effectivement une pensée pour les ménages les plus modestes qui subiront cette augmentation. Ils n'ont vraiment pas besoin de cela dans un contexte de crise économique et sociale d'une ampleur inégalée !

L'annonce soudaine par la direction de Total de la fermeture de la raffinerie des Flandres a subitement braqué le projecteur sur le sort de l'ensemble de la filière du raffinage dans notre pays et, à travers elle, des douze raffineries présentes sur le territoire.

Or les menaces qui pèsent sur le raffinage ne sont pas nouvelles. Au début des années quatre-vingt, après les deux chocs pétroliers, nous nous étions déjà posé la question de conserver ou non une indépendance énergétique et une capacité de production dans notre pays. Les derniers chiffres de l'Agence internationale de l'énergie montrent bien une tendance lourde à la baisse de la consommation des produits raffinés, commune à toute l'Europe et accentuée au cours des dernières années.

De la même manière, qui pourrait prétendre que nous venons de découvrir avec stupeur que les énergies fossiles n'auraient plus à l'avenir le même impact sur notre économie qu'auparavant ? De toute manière, comme vient de le souligner mon collègue Jean-Claude Danglot, cela ne peut pas être l'alibi pour des fermetures et des délocalisations.

On ne peut pas non plus ignorer, dans les politiques publiques, qu'il faudra s'orienter vers une diversification énergétique et prendre en compte les légitimes préoccupations environnementales.

Des signaux d'alerte existaient déjà. Il y a un an, le 10 mars 2009, Total annonçait la suppression de 550 emplois dans le raffinage, ce qui avait alors sincèrement ému Laurent Wauquiez, du moins en apparence. Le secrétaire d'État chargé de l'emploi avait indiqué que ce plan lui restait « en travers de la gorge ». Visiblement, il s'en est remis depuis et la lente agonie du raffinage s'est poursuivie, sans d'autres indignations constructives.

J'ai entendu dire dernièrement que le Grenelle de l'environnement serait responsable de la crise du raffinage que nous vivons actuellement.

Si crise il y a, elle est sans doute considérablement renforcée par le défaut d'anticipation, l'absence de régulation et l'absence d'investissement, ce qui a laissé toute la place à Total pour mener ses opérations de recherche du profit, sans contrepartie et, surtout, sans prise en compte de ses responsabilités industrielles, sociales et environnementales.

Car, en fait, qui doit décider des tenants et aboutissants de la politique énergétique ? Ce n'est ni Total ni M. Christophe de Margerie, de même que ce n'est pas Carlos Ghosn qui décide de la stratégie industrielle automobile, s'il convient de délocaliser, à quel rythme il faut le faire, s'il est souhaitable ou non de construire des voitures électriques. C'est à vous, monsieur le ministre, à votre Gouvernement et à la représentation nationale de décider et de dicter la politique à mener à nos entreprises !

Cette question du raffinage recouvre effectivement celle de l'indépendance énergétique du pays. Nous examinerons prochainement un projet de loi de modernisation de l'agriculture et de la pêche : si l'indépendance alimentaire est fondamentale, l'indépendance énergétique l'est tout autant !

Le 15 avril prochain doit se tenir la fameuse table ronde sur l'avenir du raffinage, avec des représentants des salariés de Total et d'Exxon Mobil. Je n'ai absolument rien contre M. Jean-Louis Borloo, rien, surtout, contre ses préoccupations environnementales : j'ai les mêmes, et chevillées au corps !

Pourtant, monsieur le ministre, l'avenir du raffinage et, parlons clairement, la reconversion des bassins industriels potentiellement concernés à moyen terme ne se résument pas à une question environnementale et énergétique. C'est une question industrielle au premier chef, et une question complexe qui demande de prendre en compte la totalité de la filière, sans occulter les sous-traitants et en allant jusqu'à considérer les conséquences sur d'autres sites pétrochimiques, contraints d'évoluer et de s'adapter. Les conséquences portuaires, notamment sur le port de Dunkerque, seront sans doute très importantes.

À ce titre, cette table ronde doit avoir pour objectif principal de clarifier publiquement la stratégie que vous préconisez et de nous permettre de savoir si vous vous donnez les moyens d'atteindre les buts fixés, y compris les moyens financiers.

À ce jour, j'ai pourtant la douloureuse impression – et je ne suis pas le seul – que Total entend déterminer seul l'avenir du raffinage. Monsieur le ministre, je ne crois pas qu'il faille continuer à accepter sans sourciller que le groupe détienne un pouvoir aussi exorbitant sur toute une partie de la politique énergétique française.

En 2008, je le rappelle, car le chiffre est éclairant, Total a réalisé les plus importants bénéfices jamais engrangés par une entreprise française : 13,9 milliards d'euros ! Total a d'ailleurs réinvesti, selon ses dires, 59 % de ses bénéfices. Elle n'en a pas moins continué à verser à ses actionnaires 4,9 milliards d'euros en 2008, après leur avoir versé 4,7 milliards d'euros en 2007. Par ailleurs, Total continuerait de procéder à des rachats d'actions pour un montant, tenez-vous bien, mes chers collègues, de 5,5 milliards d'euros.

Vous en conviendrez, ce n'est pas du tout le quotidien des petites et moyennes entreprises, qui rencontrent aujourd'hui de nombreux problèmes de trésorerie.

Total dispose actuellement d'une trésorerie très importante, qui devrait lui permettre de voir sereinement l'avenir et, surtout, d'assumer les responsabilités qui sont les siennes. D'autant que, il faut le souligner également, Total continue de conduire des partenariats avec l'État.

Je me permets de rappeler quelques faits.

En 2009, Total est engagé avec l'État et a reçu, à ce titre, 7,2 millions d'euros via l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, l'ADEME, pour des recherches sur des agrocarburants de deuxième génération, dans le cadre d'un financement pluriannuel du projet « BioTfuel ».

En 2010, Total, encore lui, va considérablement bénéficier de la disparition de la taxe professionnelle et de l'enterrement – un enterrement de première classe ! – de la taxe carbone. Je dispose des chiffres pour la région Nord - Pas-de-Calais : la communauté urbaine de Dunkerque perdra 13 millions d'euros. Cette perte sera, certes, compensée cette année, mais aucune information n'est donnée pour les années suivantes. Je crois que de tels allégements fiscaux nécessitaient un minimum de contreparties, notamment sociales et industrielles.

Hier, Total a annoncé avoir obtenu le 1er mars 2010, par arrêté ministériel, le « permis de Montélimar » pour une durée de cinq ans. Ce permis permettra à Total d'explorer une zone de 4 327 kilomètres carrés en vue d'en démontrer le potentiel en shale gas.

Ces investissements sont nécessaires et sont sources de perspectives de développement et d'emplois intéressantes. À ce titre, monsieur le ministre, j'aimerais beaucoup que vous nous en disiez plus sur les retombées économiques et les conséquences en termes d'emploi attendues. Qu'avez-vous négocié ? Qu'avez-vous exigé ?

J'ai interrogé Didier Guillaume, président du conseil général de la Drôme, qui est très concerné par ces concessions. Notre collègue m'a dit ne pas avoir eu connaissance des possibles développements économiques et sociaux pour son département de cette opération. Je crois qu'il serait temps de réunir les élus de la région.

Même si cet investissement gazier me paraît prometteur, il ne doit pas rimer avec l'abandon pur et simple des bassins d'emploi jugés moins directement rentables. Il ne serait pas acceptable de déshabiller Pierre pour habiller Paul, Total ayant tout à fait les moyens de mener les deux de front.

Le risque est effectivement grand qu'il revienne aux pouvoirs publics et aux contribuables d'assumer toutes les conséquences sociales de ce désengagement, y compris le reclassement effectif des salariés et des sous-traitants, à charge pour les collectivités locales d'en assumer également les conséquences humaines.

Monsieur le ministre, il est vraiment temps que l'État français cesse de se faire dicter sa politique industrielle par les grands groupes.

Ces entreprises ont une responsabilité industrielle, sociale, environnementale, et c'est à vous qu'il revient d'en définir les contours comme de les faire respecter.

Monsieur le ministre, j'en viens à mon dernier point.

En avril 2009, vous avez installé dix commissaires à la réindustrialisation…

M. Christian Estrosi, ministre chargé de l'industrie. Onze !

M. Martial Bourquin. …- soit !- présents dans onze régions, dont le Nord-Pas-de-Calais. Ces commissaires, chargés de « prévenir, accompagner et rebâtir » les bassins d'emploi en difficulté,  étaient dotés d'un fonds de 100 millions d'euros.

L'exemple du désengagement de Total et les conditions inacceptables dans lesquelles ce dernier a été opéré, au mépris de la concertation la plus élémentaire, attestent les grandes limites du dispositif que vous avez choisi de mettre en place. Ces commissaires n'ont pas les moyens de prévenir des transitions industrielles d'une telle ampleur. L'enveloppe de 100 millions d'euros est très insuffisante : il faudrait sans aucun doute l'abonder.

Il y a plus d'un an, en juin 2009, mon collègue François Rebsamen proposait une contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grosses entreprises, notamment Total. Sa proposition, que nous avons soutenue et que votre majorité avait rejetée, aurait permis de redistribuer et de provisionner pour l'avenir des sommes qui font aujourd'hui cruellement défaut pour mener une politique de transition industrielle, de sécurisation des parcours professionnels et d'accompagnement des personnels digne de ce nom.

Je vous demande donc instamment de reprendre la main sur la politique énergétique, monsieur le ministre, d'associer les collectivités locales et territoriales et de nous proposer une stratégie industrielle d'ensemble, qui devrait certainement être plus européenne qu'elle ne l'est actuellement.

L'indépendance énergétique de notre pays et de l'Union européenne n'est pas l'affaire de Total, elle est bien de la responsabilité de la représentation nationale. Selon l'adage, gouverner, c'est prévoir. Pour ma part, il me semble que le Gouvernement subit plus qu'il ne prévoit !

Par martial bourquin - Publié dans : INDUSTRIE
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