Je vous propose de retrouver ci-dessous la lettre que j'ai adressée à M. François Baroin, ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie pour dénoncer l'augmentation de la taxe sur les complémentaires santé:
"Monsieur le Ministre,
Le projet de la loi de finances rectificative proposé par le gouvernement a été adopté par l’Assemblée nationale le mercredi 7 septembre et par le Sénat le jeudi 8 septembre ; et ce, malgré de nombreuses mesures problématiques et les protestations des députés et des sénateurs de gauche.
L’année dernière le Parlement avait déjà voté l’assujettissement de ces contrats solidaires et responsables à la taxe spéciale sur les conventions d’assurance à hauteur de 3.5 %. Désormais, la loi des finances rectificative pour 2011 prévoit, entre autres, le doublement de cette taxe qui passe ainsi de 3.5 % à 7 %.
A l’instar de mes collègues, je m’insurge contre cette augmentation qui conduira à court terme à un système de santé de moins en moins accessible aux plus modestes.
Cette hausse en effet, correspondra à une augmentation des cotisations des mutuelles, comme l’ont annoncée plusieurs organismes mutualistes. Cette majoration aura irrémédiablement des conséquences sur la santé de nos concitoyens déjà durement touchés par la crise.
Comment pouvez-vous dans ces conditions, Monsieur le Ministre, déclarer « ne pas avoir d’état d’âme, ni d’interrogations » quant au doublement de cette taxe.
Vous n’êtes pas sans ignorer qu’à l’heure actuelle, 9 millions de Français doivent renoncer à se soigner pour des raisons financières soit 20 % de plus qu’il y a quatre ans.
Cette mesure incohérente risque in fine de coûter plus cher à la collectivité puisque de nombreux ménages seront sans doute obligés de renoncer à une couverture complémentaire santé et de retarder les soins et nous nous exposons à une aggravation des nombreuses pathologies.
Comment justifiez-vous également, Monsieur le Ministre, les différentes mesures de la politique de santé votées ces dernières années ? La création des franchises médicales, les dépassements d’honoraires, le déremboursement de très nombreux médicaments loin de permettre une diminution de la dette de la Sécurité Sociale ont, au contraire, précipité davantage nos concitoyens les plus fragiles dans la précarité. Le niveau historique de la dette de la Sécurité Sociale atteint en 2010 : 29.8 milliards d’euros soit un déficit qui a triplé en 2 ans d’après la Cour des Comptes. N’est-ce pas une preuve de l’inefficacité de la politique menée depuis 4 ans ?
Qu’en est-il également des promesses du candidat présidentiel Nicolas Sarkozy en 2008 ? N’avait-il pas annoncé la baisse des impôts durant son mandat ? Or, le doublement de cette taxe est, de manière déguisée, une contribution supplémentaire demandée à l’ensemble des Français.
Ainsi, l’effort attendu s’élève à 1.1 Milliard d’euros pour l’ensemble des concitoyens alors que les plus hauts revenus ne contribueront qu’à hauteur de 200 Millions soit six fois moins.
Pour finir, il me semble essentiel de rappeler que l’égal accès aux soins faisait partie des idéaux du Conseil National de la Résistance. Toutes les forces politiques françaises de l’époque avaient bien perçu qu’une démocratie moderne ne peut se passer de la solidarité nationale à travers, par exemple, la création de la Sécurité Sociale. La hausse des cotisations des mutuelles apparaît clairement comme une remise en cause de cet égal accès aux soins.
Vous remerciant par avance de l’attention que vous porterez à ce dossier,
Je vous prie de croire, Monsieur le ministre, en l’assurance de ma considération distinguée.
Martial BOURQUIN
Sénateur maire"
