Après avoir rencontré les délégués des retraités EDF-GDF, je leur ai confirmé mon soutien dans
leurs revendications concernant le montant des retraites et pensions, leur revalorisation, la perte de pouvoir d’achat, les taux de réversion ainsi que l’accès aux soins et les franchises
médicales.
Je comprends et partage leurs préoccupations et je tiens à les assurer de toute mon attention quant à ces points fondamentaux et essentiels qui concernent l’ensemble des retraités, qu’ils ressortent du régime général ou des régimes spéciaux.
La question des retraites sera au cœur des débats en ce début d’année. En vue des réformes à intervenir, un premier échange a eu lieu au Sénat le 12 janvier dernier sur la pénibilité au travail, l’emploi des séniors et l’âge de la retraite. L’ensemble des partenaires sociaux attend le grand rendez-vous du 15 février prochain avec le Gouvernement pour définir le calendrier des négociations et faire entendre ses revendications et ses propositions en matière de retraites.
Sans nier la nécessité de procéder à des réformes pour mieux adapter le système aux réalités actuelles, le groupe de parlementaires socialistes auquel j’appartiens a déjà réaffirmé, lors de l’examen de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2010, son attachement au maintien d’un système de retraite par répartition solidaire et universel, fondé sur une démarche intergénérationnelle, juste et efficace.
Le mode de calcul de revalorisation des pensions et retraites est désormais basé sur l’hypothèse d’inflation
entre l’année en cours et l’année précédente. Avec une inflation faible, voire négative, ce système conduit à de très modestes augmentations qui ne permettent pas une véritable revalorisation du
pouvoir d’achat. Actuellement en France, 6 millions de personnes âgées vivent avec des pensions inférieures au SMIC. Le groupe de parlementaires socialistes souhaite la mise en œuvre d’un
mécanisme d’amélioration pérenne du pouvoir d’achat de tous les retraités.
Lors de l’examen de la loi de financement de la sécurité sociale, notre groupe a souligné que depuis huit ans, les finances de la sécurité sociale ne cessent de s’appauvrir. Depuis 8 ans, le Gouvernement stigmatise les assurés, et notamment les malades en les faisant davantage payer et en s’exerçant à des colmatages qui ne cessent de creuser les inégalités face à la santé.
Les seules solutions apportées, les seules pistes évoquées s’attaquent à diminuer les dépenses, alors que plus que jamais, le déficit de la sécurité sociale est dû à une diminution des recettes. Mais diminuer les dépenses, c’est pour le gouvernement s’attaquer aux plus précaires d’entre nous en accentuant les inégalités face à la santé, en déremboursant les médicaments, en multipliant les franchises médicales et en faisant un transfert de charges sur le dos des mutuelles. Le modèle qui a fait la prospérité de notre système de sécurité sociale n’est plus aujourd’hui adapté aux lourds défis des décennies futures.
Dans le contexte de la récession actuelle, l’engagement de réformes structurelles est indispensable et urgent. La refondation du système doit être évoquée et face à la logique libérale du gouvernement qui précipite le détricotage de notre système sanitaire et social, l’esprit de solidarité doit être impérativement préservé.
À plusieurs reprises, les parlementaires socialistes ont engagé le débat sur les cadeaux accordés à une minorité avec le bouclier fiscal, les niches sociales et les allègements fiscaux dont la remise en cause permettrait d’abonder les recettes et éviter d’alourdir la charge des assurés sociaux, des salariés et des retraités.
Garantir la stabilité et la pérennité de notre système social basé sur la solidarité intergénérationnelle, maintenir un pouvoir d’achat décent et
réduire les inégalités demeurent ma priorité. C’est dans cet esprit qu’avec le groupe de parlementaires socialistes, nous aborderons les débats sur les retraites.
Article paru dans l'EST REPUBLICAIN - édition du 21.01.10
MONTBÉLIARD - Social
EDF-GDF : retraités en pétard
Une délégation de la CGT a été reçue hier matin au siège des services de Nord Franche-Comté. Leur pouvoir d'achat au centre des revendications.

« Un retraité d'EDF, en quinze ans, il a perdu 16 à 17 % de pouvoir d'achat » calcule ce retraité.
Hier matin, derrière Christian Borne, porte-parole des retraités CGT d'ERDF-GRDF, ils étaient une quarantaine d'anciens de la maison à porter des revendications, au siège nord Franche-Comté
d'ERDF-GRDF.
La question centrale est celle de leur pouvoir d'achat. Eux dépendent d'une caisse spécifique, la CNIEG. « Avant 2009, il n'y avait qu'un seul personnel. Actifs ou inactifs. Mais de fait, on
a été éjectés puisque la caisse de retraite est désormais à l'extérieur » décrypte Christian Borne.
Alors en cette première journée d'actions 2010, ils ont rencontré un des directeurs du site. Parce que les engagements pour leurs retraites, ont été pris par leurs dirigeants. « Il était
prévu une clause de revoyure qui permettait de revoir les pensions » explique encore Christian Borne. Leur retraite, elle, était indexée à la grille des salaires des actifs. «
Pendant plusieurs années, la politique salariale dans la branche a minoré l'évolution du salaire de base, seule base de calcul de la pension par rapport à l'évolution des prix. Cela a produit
un décrochement du niveau de vie des pensions » soulignent les retraités, qui s'estiment de plus en plus lésés.
L'augmentation des pensions était limitée à 4 % l'an dernier « pour 2010, les prévisions d'augmentations votées par le parlement sont de 1,2 % mais cette augmentation serait déjà amputée de
0,1 ou 0, 2 % sous prétexte que les retraités auraient trop perçu en 2009 » avancent-ils.
Pour eux le compte est simple. Pour rattraper ce qu'ils ont perdu, c'est 200 € mensuels pour tous. « Il y a des réversions entre 800 et 1.000 €, on trouve que c'est inadmissible » assène
Christian Borne, qui met en parallèle le niveau des pensions et les « revenus du nouveau président d'EDF » qui défrayent actuellement la chronique.
Ils ne s'arrêteront pas à la visite à la direction locale d'ERDF. « On va voir les élus, on a des rendez-vous pour poser nos revendications. » Parce que là encore, ils le crient, «
ce n'est pas la crise pour tout le monde ». Et cela, ils entendent le faire savoir en tant que citoyens qui peuvent peser sur le cours des élections à venir. Sur le nord Franche-Comté,
ils sont environ 850.
O. B. (Olivier BOURAS)
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