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Mardi 15 mars 2011 2 15 /03 /Mars /2011 17:10

Un journaliste de Public Sénat, Fabrice Cuney, suit depuis mai 2010 les travaux et déplacements de la mission d'information commune relative à la désindustrialisation des territoires que je préside.

 

Il vient de terminer son documentaire qui sera diffusé pour la première fois jeudi 17 mars à partir de 22h30.

Les autres dates de diffusions sont accessibles via le lien ci-après.

La vidéo sera vraisemblablement disponible après la première diffusion sur le site de Public sénat.

http://www.publicsenat.fr/emissions/reportage/mission-sur-la-desindustrialisation/68550

Par martial bourquin - Publié dans : INDUSTRIE
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Jeudi 10 mars 2011 4 10 /03 /Mars /2011 11:00

J'ai été alerté par des maires du Doubs, installés en milieu rural,qui ont été récemment informés de la menace qui pèse sur des emplois de professeur des écoles.

 

Je viens d'intervenir après de Madame L'inspectrice d'Académie pour relayer leurs profondes inquiétudes. 

 

La machine à broyer les services publics continue son oeuvre dans nos communes et je ne peux décidément pas rester insensible à ce mouvement massif de déménagement des territoires et cette asphyxie de nos villages.

L'école est un service public fondamental pour la vie de ces villages, notamment dans des parties du département parfois difficilement accessibles en pleine période hivernale. La concentration de la carte scolaire en arrive en effet à oublier la particularité de ces zones enclavées, au nom d'une rationalité budgétaire qu'il est aujourd'hui impossible de cautionner.

 

Et ceci d'autant plus que dans ces cas précis, des dizaines de naissance ont été enregistrées depuis plusieurs mois, qui viendront renforcer nécessairement les effectifs scolaires.

La suppression d'un poste, d'une classe ou d'une école ne sont pas que des questions budgétaires. Ces décisions mettent à mal tout le travail engagé dans ces villages pour renforcer leur attractivité.

La ruralité est plus que jamais vivante et l'école en est sans nul doute l'un de ses poumons.

Je vous invite à venir débattre lors de la réunion publique organisée mardi 15 mars 2011 à 20h, à la salle communale de Vauffrey avec les maires et les parents d'élèves de ces écoles.

Par martial bourquin - Publié dans : DANS LE DOUBS
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Mercredi 2 mars 2011 3 02 /03 /Mars /2011 09:59

Hier matin, j'ai interrogé le gouvernement une nouvelle fois sur le devenir des allocataires AER. Le gouvernement a renvoyé la discussion à la négociation de la nouvelle convention assurance chômage tout en laissant peu d'espoir sur une issue positive. Je ne m'arrêterai pas à cette fin de non-recevoir et propose dès maintenant à mes collègues parlementaires de s'associer à une démarche d'ampleur nationale.

 

 

La parole est à M. Martial Bourquin, auteur de la question n° 1158, adressée à M. le ministre du travail, de l'emploi et de la santé.

M. Martial Bourquin. Monsieur le président, madame la secrétaire d'État, mes chers collègues, ma question concerne les 45 000 allocataires de l'allocation équivalent retraite ou AER.

Depuis 2008, des dizaines de milliers de nos concitoyens, aux carrières souvent longues et pénibles, sont partis en retraite anticipée dans le cadre de plans de départ dits volontaires validés par les directions départementales du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle.

Ces personnes ont quitté leur emploi parce qu'on le leur a demandé et qu'on les a persuadées qu'elles allaient toucher à l'issue de la période d'indemnisation de chômage l'allocation équivalent retraite, soit environ 1 000 euros par mois.

Ces salariés ont découvert non seulement que l'AER n'existait plus, mais aussi qu'ils pourraient tout au plus prétendre à l'ASS, l'allocation de solidarité spécifique, qui représente 450 euros par mois.

Madame la secrétaire d'État, le différentiel de plus de 500 euros dans les revenus d'un ménage moyen, ce n'est pas de l'argent de poche. Les allocataires de l'AER ne sont pas des chômeurs surpayés, comme j'ai pu l'entendre dire. Cette somme représente simplement la différence qui existe parfois entre la précarité et la dignité humaine.

Après différentes interventions appuyées du groupe socialiste, le Gouvernement a accepté de prolonger le dispositif de l'AER en 2009, puis en 2010. Pour l'année 2011, année qualifiée de sortie de crise par certains, non seulement vous avez donné une fin de non recevoir à nos demandes de prolongation du dispositif en discussion budgétaire, mais, cerise sur le gâteau, la loi du 9 novembre 2010 portant réforme des retraites a prolongé le supplice de ces anciens salariés de deux ans en rétablissant l'obligation de rechercher un emploi.

Or rechercher un emploi dans la situation actuelle – le nombre de seniors de plus de 50 ans en quête d'emploi a augmenté de 16,3 % en 2011 alors que le chômage de longue durée a bondi de 20 % en 2010 – s'apparente à un véritable exploit. Dans ces conditions, c'est un abandon de première classe que de laisser ainsi tomber des personnes qui ont quarante ans de travail pénible derrière elles.

Nous savons que des négociations sont en cours avec les représentants de ces ex-salariés. Il ne s'agirait pas de prolonger le dispositif existant mais d'en inventer un autre.

En tout état de cause, madame la secrétaire d'État, nous demandons que cette allocation, sous quelque forme que ce soit, soit rétablie, et ce de façon rétroactive. Le Gouvernement a, en quelque sorte, mis ces personnes dans une situation de précarité ; c'est donc à ce dernier de les en sortir.

M. Didier Guillaume. Très bien !

M. le président. La parole est à Mme la secrétaire d'État.

Mme Nora Berra, secrétaire d'État auprès du ministre du travail, de l'emploi et de la santé, chargée de la santé. Monsieur Bourquin, je vous prie de bien vouloir excuser Xavier Bertrand, qui m'a demandé de vous répondre.

Ainsi que vous l'avez rappelé, l'allocation équivalent retraite avait été supprimée par la loi de finances pour 2008. Cette fermeture ne s'appliquait pas aux bénéficiaires actuels de l'allocation, lesquels continuent de la percevoir.

Vous avez également souligné que deux décrets ont reporté en 2009 et en 2010 la mise en œuvre de cette mesure. C'est donc depuis le 1er janvier 2011 que le dispositif de l'AER n'accepte pas de nouveaux entrants.

L'adoption de la loi portant réforme des retraites a donné l'occasion de soulever la question des demandeurs d'emploi seniors ayant épuisé leurs droits à l'assurance chômage ; c'est une question tout à fait légitime.

Nous discutons de ce point avec les partenaires sociaux, qui ont, comme vous le savez, engagé une renégociation de la convention d'assurance chômage. Cela n'aurait guère de sens de dissocier la question de l'assurance chômage est celle de la prise en charge des demandeurs d'emploi ayant épuisé leurs droits à cette même assurance. Ces deux sujets doivent être abordés conjointement.

Sur le fond, monsieur le sénateur, convenez qu'un dispositif permettant de cesser son activité avant l'âge de la retraite et de toucher un revenu équivalent à celui d'une pension de retraite porte un nom : la préretraite. Je ne vous ai pas entendu formuler le souhait que nous rétablissions les préretraites, mais c'est bien ce à quoi aboutirait une pérennisation pure et simple de l'AER dans sa forme actuelle ; il faut y prendre garde.

Par conséquent, nous devons également intégrer dans notre réflexion l'objectif de réduction des effets pervers de ces dispositifs de cessation anticipée d'activité. Certes, ces derniers répondent sans doute à une demande de la part tant de leurs bénéficiaires que, parfois, des entreprises. Ils pénalisent toutefois notre compétitivité en éloignant du marché du travail un grand nombre de travailleurs et font par ailleurs peser une charge très importante sur les finances publiques.

Tels sont donc les deux principes qui guident nos discussions avec les partenaires sociaux sur le sujet : réduction des effets pervers des dispositifs de cessation d'activité, bonne articulation avec les règles de l'assurance chômage.

M. le président. La parole est à M. Martial Bourquin.

M. Martial Bourquin. Je suis assez stupéfait d'une telle réponse.

Madame la secrétaire d'État, il existe une parole d'État. Lorsque les directions départementales du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle précisent par écrit à des personnes partant en retraite qu'elles toucheront l'allocation équivalent retraite, ces dernières doivent percevoir une telle allocation.

Par ailleurs, vous savez comme moi que les salariés aux carrières longues deviendront inévitablement moins nombreux…

M. Didier Guillaume. Bien sûr !

M. Martial Bourquin. … et que l'AER s'éteindra d'elle-même.

Or, aujourd'hui, des personnes sont jetées dans la précarité : des mesures urgentes sont nécessaires. Il n'y a plus de départ en AER désormais ; on comptait près de 70 000 allocataires encore récemment, il en reste aujourd'hui 40 000 et, dans deux ans, ils ne seront que quelques milliers ; nous le savons bien ! Vous devez faire en sorte que ces personnes touchent à nouveau ce qui leur a été promis.

La reprise du versement de l'AER peut être obtenue de trois façons. La meilleure option est de relayer la demande des concitoyens, ainsi que je le fais moi-même, en tant que parlementaire. Une autre manière consiste à passer par la négociation ; vous en parliez voilà quelques instants, madame la secrétaire d'État. La troisième façon est de porter l'affaire devant les tribunaux administratifs : la parole d'État n'ayant pas été tenue, c'est à la justice qu'il revient de trancher.

Je trouve déplorable que, au moment où certains contribuables bénéficient du bouclier fiscal, on retire 500 euros d'allocation à des familles. De telles mesures sont presque abjectes, inacceptables ! Pour les couples qui ont travaillé ensemble dans l'automobile ou d'autres grandes industries et qui sont partis en retraite au même moment, ce sont 1 000 euros qui sont perdus pour le foyer. Peut-on accepter une telle situation, provoquée par une seule décision de l'État, par une seule décision du Gouvernement ?

La réponse qui m'a été faite ne me semble donc pas adaptée. Il faut réfléchir à la situation : le Gouvernement a pris des engagements et il doit les tenir, sans quoi il appartiendra aux tribunaux de décider qui a raison et qui a tort. L'État a perdu devant les tribunaux à plusieurs reprises. Et ce sera le cas cette fois encore, car des documents écrits témoignent de l'engagement qui a été pris de verser aux personnes concernées l'allocation équivalent retraite.

Vous plongez ces personnes dans la précarité, mais elles ont une dignité et elles ont le droit de la défendre.

Par martial bourquin - Publié dans : AU SENAT
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Lundi 28 février 2011 1 28 /02 /Fév /2011 10:47

Comme vous le savez peut-être, je suis très sensible à la situation des allocataires AER que la réforme des retraites vient de plonger, comme si cela ne suffisait pas, dans de nouvelles inquiétudes.

J'interrogerai demain Madame Nora Berra en séance de questions orales au gouvernement à ce sujet. Celles et ceux qui le souhaitent pourront suivre mon interrogation en direct sur le site du Sénat aux alentours de 11h. Je mettrai en ligne très rapidement le compte rendu écrit de cette intervention ainsi que la réponse très attendue par ces allocataires.

Par martial bourquin - Publié dans : AU SENAT
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Vendredi 25 février 2011 5 25 /02 /Fév /2011 13:02

Le 16 février, la commission de l'économie recevait Eric Besson, ministre de l'industrie. J'ai dénoncé un discours biaisé sur le coût du travail qui expliquerait la désindustrialisation. J'ai défendu la mise en oeuvre rapide d'un pacte entre l'Etat et les territoires, outil de reconquête industrielle qui me paraît adapté aux besoins de l'industrie aujourd'hui.

 

 

 

Vous avez énuméré, Monsieur le Ministre, l'ensemble des mesures gouvernementales importantes qui ont été prises récemment : le crédit impôt-recherche, que les propositions du Sénat avaient visé à resserrer pour le cibler davantage sur les PME plutôt que sur les banques et les assurances, la suppression de la taxe professionnelle, le renforcement en fonds propres, l'aide aux pôles de compétitivité, les 35 milliards d'investissements d'avenir.

De cela, il ressort que votre approche est essentiellement concentrée sur les coûts. Or, il me semble que la question du différentiel entre la France et l'Allemagne dans le domaine de l'industrie ne peut pas être interprétée uniquement par les coûts. Il y a trente ans d'histoires industrielles différentes, comme le soulignait récemment l'ancien ministre Francis Mer. Au moment où l'on a arrêté en France de fabriquer des machines-outils, l'Allemagne a continué à en fabriquer ; au moment où l'on délaissait l'industrie pour les services, l'Allemagne a choisi de renforcer son industrie ; au moment où l'on essayait de concurrencer les pays low cost sur les produits bas de gamme, l'Allemagne a élevé la qualité de ses produits. Cette stratégie différente de l'Allemagne depuis plusieurs décennies porte aujourd'hui ses fruits et, de ce fait, même si le coût du travail augmentait légèrement en Allemagne, les produits allemands se vendraient toujours car ils sont recherchés pour leur robustesse, leur qualité et leur design. Ainsi, c'est dans cette fuite en avant, consistant à vouloir faire évoluer notre société vers une société de services, que doivent être recherchées les causes de la désindustrialisation.

Deuxièmement, les aides importantes qui sont accordées par l'Etat aux grands groupes doivent obligatoirement avoir des contreparties, comme par exemple leur présence sur le sol français, leur engagement à ne pas délocaliser et à conduire de vraies politiques de filières, qui ne feraient pas du global sourcing un principe intangible.

Mme Lilas Demmou, chargée de mission à l'OCDE, que nous avons auditionnée dans le cadre de la mission commune d'information sur la désindustrialisation des territoires, que je préside, nous a indiqué que les délocalisations n'étaient pas un facteur si déterminant dans la désindustrialisation. En revanche, le global sourcing, qui réduit les centres de production à être des centres d'assemblage, déstructure complètement nos filières de production. Nous devons non seulement obtenir une attitude responsable sur les coûts, mais, en même temps, nous devons exiger des contreparties. J'ai, évidemment, en mémoire l'intervention de Carlos Ghosn, lors des États généraux de l'industrie, où il demandait la suppression de la taxe professionnelle, alors que trois mois plus tard, il annonçait que la Clio, produit de moyenne gamme, serait fabriquée en Turquie. Cela ne devrait pas être possible : dans la mesure où l'État et les contribuables ont aidé une entreprise, il doit y avoir un certain « patriotisme industriel ».

C'est une facilité de voir dans les délocalisations des refus d'innovation. Sur ce sujet, il est important que le Gouvernement demande la relocalisation de certaines fabrications.

Je rejoins Alain Chatillon sur la question des PME et des TPE. Nous avons pu constater, lors du déplacement de notre mission à Stuttgart, un certain nombre de points :

- 85 % du tissu industriel du Bade-Wurtemberg est essentiellement constitué de TPE et de PME ;

- lorsque l'on compare, au sein de l'entreprise Bosch, deux sites de production de haut niveau - un en France et un Allemagne - on constate un coût du travail identique ;

- enfin, le maire de Stuttgart a souligné le rôle essentiel de la taxe professionnelle pour l'industrie.

Je crois qu'en matière de coût du travail, si l'on veut une juste vision de la réalité, on ne peut pas se fonder uniquement sur les statistiques d'Eurostat. Il faut également regarder les statistiques du FMI, ou encore les statistiques allemandes, selon lesquelles le coût du travail en France est à peu près le même qu'en Allemagne. Plusieurs pays d'Europe, d'ailleurs, ont un coût du travail inférieur au nôtre et connaissent une désindustrialisation profonde. Nous avons également rencontré, dans le cadre de notre mission, des industriels italiens à Sophia Antipolis, qui ont estimé que notre productivité était la meilleure d'Europe et aussi que nous avions un coût de l'énergie 30 % inférieur à la moyenne européenne. Il importe de voir aussi nos avantages.

Nous croyons comme vous, Monsieur le Ministre, à la réindustrialisation. Mais cette politique doit couvrir un spectre très large. Il s'agit de comprendre les erreurs du passé afin de pouvoir se réorienter, aujourd'hui et demain, vers des axes de travail solides. A cet égard, la révolution verte est essentielle. Concernant la filière photovoltaïque, j'ai chez moi, dans le secteur automobile, des entreprises qui se sont diversifiées à 50 % dans ce domaine : si les tarifs de rachat ne sont pas mis en place pour des capteurs photovoltaïques de nouvelle génération dotés d'une empreinte carbone de qualité, la filière - qui représente environ dix mille emplois - risque de disparaître.

Enfin, si l'on veut que les politiques de réindustrialisation réussissent, il faut qu'elles s'appuient sur un pacte entre l'État et les territoires.

Par martial bourquin - Publié dans : INDUSTRIE
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