La traditionnelle soirée de présentation des voeux s'est
déroulée jeudi à la Filature et a réuni de nombreux invités, personnalités, élus locaux, partenaires publics et privés, associations.
Je remercie toutes les personnes présentes à cette soirée conviviale, ainsi que toutes celles qui ont contribué à la réussite de cette rencontre chaleureuse.
Placée sous le signe de la solidarité et de la tolérance, cette soirée a débuté par une chanson interprétée par les jeunes qui ont rappelé avec humour, leur attachement à ces valeurs et à la
richesse que nous apportent les différences.
La projection du film de l'année 2010 a permis de retracer les temps forts dans tous les domaines, culture, enfance, sport, vie associative, développement économique et de souligner
l'ensemble des travaux réalisés, en particulier les aménagements du centre ville qui donnent une nouvelle dimension à notre ville et confortent son dynamisme et son attractivité.
Avant de souhaiter à tous une très bonne année 2011 et d'inviter chacun à partager le verre de l'amitié, j'ai tenu à m'exprimer sur l'ensemble des domaines et sujets tant audincourtois
que locaux et nationaux qui nous concerne tous. Vous trouverez ci-dessous le texte de mon discours.
Très bonne année à toutes et tous.
Comme vous avez pu le constater sans doute, 2010 a été une année essentielle dans la poursuite de la métamorphose d’Audincourt. Je ne
vous garantis pas des résultats aussi spectaculaires tous les ans mais je peux vous assurer que 2011 sera aussi une grande année pour la ville. Nous poursuivons nos efforts. Nous conservons la
même ambition pour Audincourt.
Je voudrais tout d’abord rendre hommage ici à toutes celles et
ceux qui ont contribué à faire battre ce nouveau cœur de ville et à en assurer sa grande qualité : élus, services de notre ville, maîtres d’ouvrages, Alfred Peter, Ingrid Genillon, Cabinet
Jacquet, SEDD, les entreprises qui ont vraiment respecté les cahiers des charges et réalisé un excellent travail, leurs salariés.
Je remercie aussi les commerçants et les riverains qui ont accepté les nuisances comme prix à payer de cette métamorphose.
Le résultat est là. Il est, je crois, à la hauteur des
attentes et de toute l’énergie mise en œuvre.
Il reste encore beaucoup à faire, notamment la partie de la Grande Rue qui va du square des Martyrs à la place Bazaine et une partie de
la rue de Belfort, jusqu’à la rue des Près et bien sûr la place du Temple qui sera « la cerise sur le gâteau » de cette réhabilitation globale.
La réhabilitation du centre ville se réalise après celle de la
friche Japy. Tout ce qui s’est fait et se fera a du sens. Notre volonté est claire : donner de la cohérence à notre centralité urbaine qui se structure à partir de la reconquête des Berges
du Doubs. Cette superbe rivière qui donne à notre ville ce cachet si singulier.
Dans cette réhabilitation, nous n’oublions pas les quartiers
et, à ce sujet, je souhaite insister sur un point : nos efforts doivent être accompagnés par les organismes logeurs sinon ces réhabilitations seront incomplètes et peut-être
inefficaces.
Les particuliers devront par ailleurs rénover leurs façades dans le centre ville.
Les politiques urbaines sont globales. Si nous agissons sur un point, en oubliant les autres, ces investissements peuvent être
gâchés.
C’est pourquoi, l’embellissement de notre ville doit être
accompagné par des politiques publiques de haut niveau concernant l’enfance, la culture, les loisirs, le logement, le lien social en général. C’est cela aussi qui donne du sens à une politique
d’urbanisme, si ambitieuse soit elle.
Avec un peu de recul, je peux dire que nous faisons beaucoup
mais il reste aussi beaucoup à faire. Nous avons, croyez le bien, une réelle motivation pour faire bouger notre ville. Audincourt progressera encore, vous étonnera par son dynamisme. Je dois
préciser que ces investissements extrêmement importants se font sans augmentation de la pression fiscale.
L’année 2011 verra le lancement de nouveaux programmes de
logements importants (OPAH, Piscine, Briand, Abattoirs, Gare, Forges).
Avec l’arrivée du TGV, en fin d’année, nous devrons rattraper
notre retard pour reconfigurer nos villes, les densifier et les doter de logements et de services qui peuvent intéresser nos habitants et les futurs arrivants.
Ces grands chantiers sont structurants, ils représentent aussi
des marchés et des emplois pour nos entreprises du bâtiment et des travaux publics.
Je voudrais saluer ici l’engagement de PMA, de son Président et de ses élus, qui conserve un haut niveau d’investissement malgré la
perte de la Taxe Professionnelle. Le dynamisme de notre agglomération doit être global. La mise en service du Moloco se fera cette année. Cet équipement est très attendu et il tiendra ses
promesses.
A côté de ces investissements qui, je l’espère, rendront la
vie des habitants plus facile et plus agréable, je n’oublie pas les deux questions essentielles pour le Pays de Montbéliard que sont les questions de l’emploi et de la démographie.
Nous connaissons une situation contrastée dans notre région.
D’un côté, l’industrie, notamment PSA, connaît une situation intéressante (succès des ventes des 3008 et 5008). Le Pays de Montbéliard a un potentiel énorme. Les politiques publiques comme les
investissements privés nous placent comme une des agglomérations les plus industrielles et dynamiques.
Force de la recherche privée.
Force des PME TPE, de la grande
entreprise et des grands équipementiers.
De l’autre, les volumes de fabrication ont repris dans les entreprises mais hélas avec moins d’emplois.
Cela se traduit par une hausse du chômage, notamment du chômage de longue durée très, voire trop, importante.
Le chômage entraîne une pauvreté, une précarité insupportable.
Ajouté à la RGPP, à la baisse drastique d’emplois publics, ce chômage touche notamment les jeunes les moins qualifiés, et ceux qui ont joué le jeu de la formation ne sont pas épargnés. Cette
situation est intolérable et entraîne un pessimisme, une désespérance.
Pour remédier à cette fracture sociale extrêmement inquiétante, nous avons le devoir de créer les conditions nécessaires afin de
développer d’autres emplois et favoriser la croissance, notamment dans la mutation verte de l’économie.
La question de l’industrie est une question cruciale qui a été
largement sous-estimée au cours des décennies précédentes. Nous n’avons plus que 14% de notre valeur ajoutée qui provient de l’industrie (contre 30% en Allemagne et 22,4% en Europe).
La mission, que je préside au Sénat, présentera un rapport sur la désindustrialisation réindustrialisation dans les jours qui
viennent.
Cette mission a duré 9 mois de travail intense, de rencontres.
Au cours de ces travaux, j’ai été conforté dans une double conviction : celle que nous pouvions retrouver du dynamisme industriel ; mais que la multiplication de déclarations et
d’effets de manches qui ne sont pas suivies d’actes sont dévastateurs.
Dans ce domaine, ceux qui gouvernent ne se rendent pas compte
de la nocivité des effets d’annonce quand ensuite il ne se passe rien ou si peu, sauf encore d’autres effets d’annonce. Je n’ai rien contre la communication, si elle se met effectivement au
service d’actions, de propositions tangibles, concrètes. Trop souvent elle remplace l’action, c’est dramatique.
Au terme de cette mission parlementaire, je suis plus que jamais convaincu que la réindustrialisation de notre pays est une des clés
d’une lutte véritable contre le poison du chômage, mais elle ne doit pas se faire n’importe comment.
La baisse de l’industrie est la cause structurelle du chômage
de masse, de la précarité. Sinon comment expliquer la diversité de la situation franco-allemande, en Allemagne, la force de l’industrie, sa vitalité
fait baisser très sensiblement le taux de chômage, chez nous les difficultés de l’industrie l’augmentent, durablement et encore plus dans nos territoires.
Plus d’emplois c’est moins de chômage certes, moins de
dépenses sociales, plus de rentrées fiscales, plus de dignité humaine. Nos concitoyens ne veulent pas de l’assistanat mais du travail et l’industrie devrait pouvoir en proposer beaucoup plus et
notamment aux jeunes.
Il n’y a pas de perspective pour un grand pays s’il n’y a pas
de socle industriel fort !
Plutôt que d’innover, chercher de nouveaux produits, adapter des stratégies de ventes, la recherche du moins-disant social et
environnemental était souvent devenue la règle, entraînant des délocalisations au prix de l’emploi et de la qualité des produits.
Il est temps de tourner le dos à cette politique défaitiste et retrouver le chemin d’une croissance durable, génératrice d’emplois et
de richesses.
Dans notre Pays de Montbéliard, je crois profondément au
partenariat public / privé. La force publique, l’investissement des collectivités, doit préparer l’investissement privé et instaurer un climat de confiance. Sans cette confiance, il n’y a pas de
dynamique vertueuse.
Croyez, Mesdames et Messieurs, que nous fondons nos efforts à
partir de ce postulat. Nous devons être aux côtés de nos entreprises pour qu’elles créent des richesses et de l’emploi sinon c’est la spirale du déclin et la sinistrose qui va avec. En même
temps, il est nécessaire de répartir les fruits de la croissance.
Nous avons été trop fascinés par le système anglo-saxon : Nous devons nous inspirer des réussites du système Rhénan.
Favoriser les relations nouvelles
entre grandes entreprises et PME.
Développer des écosystèmes au sein
desquels toutes les entreprises collaborent harmonieusement.
Surtout sortir de la vision à court
terme de la réduction des coûts lorsque nous parlons d’industrie.
- Parlons innovation.
- Tirons par le haut nos produits.
- Ayons des politiques territoriales fortes.
- Mettons en place des fondations public/privé favorisant l’innovation industrielle. Soyons à côté des PME innovantes pour qu’elles progressent et
créent des richesses et des emplois.
l'emploi, l’emploi des jeunes, doit être une obsession !
L’austérité mise en place par tous les gouvernements, en
Europe et en France, est une impasse, tourne le dos à l’avenir. Il nous faut au contraire nous émanciper de la financiarisation.
Pour reprendre une formule de Joseph Stiglitz (économiste américain) « Allons-nous assister en Europe au triomphe de la
cupidité ? ».
La cause des déficits est plus due à l’absence de rentrées
fiscales, au manque de croissance qu’à l’augmentation des dépenses.
Plus d’austérité engendre moins de croissance, moins de rentrées fiscales. Plus de chômage et plus de dépenses sociales aboutissent
aussi à la baisse des recettes fiscales et à plus de déficits.
L’austérité est aussi une menace pour nos démocraties. Elle crée de la désespérance et alimente les extrêmes, l’intolérance, la
recherche de boucs émissaires.
Plutôt que l’austérité, l’investissement dans l’éducation, les
infrastructures, la santé, les technologies, l’enseignement supérieur, la formation en alternance créeront un retour sur investissement supérieur au coût de la dette et fera baisser les
déficits.
Il serait intéressant de dresser le coût pour la société des 4,2 millions de personnes privées d’emploi. Il faut réhabiliter la dépense
surtout celle qui est créatrice de richesses.
Le problème que nous avons aujourd’hui n’est pas un problème
économique mais un problème politique.
Le plus dangereux aujourd’hui est que ceux qui nous gouvernent
n’ont qu’une hâte : retrouver le monde d’avant la crise financière.
Pendant cette crise, vous avez pu remarquer, comme moi, toutes les bonnes intentions ! Fini les stocks options, les retraites
chapeaux. Il fallait des régulations.
Maintenant, nous avons le sentiment que les idées orthodoxes
du libre marché, le refus de la régulation regagnent du terrain et que la volonté de réduction des inégalités recule…
Quel renoncement ! Toute volonté de remettre les choses à
l’endroit s’est évaporée.
Ce sont les grandes banques, les milieux financiers, qui ont confisqué le pouvoir aux citoyens, aux élus. 3 à 4 milliards de bonus
votés cette année dans les grandes banques françaises. Quelle honte !
C’est un prélèvement inacceptable sur les ménages et l’industrie française
Jamais comme aujourd’hui nous n’avons eu tant besoin de bon
sens, de motivation pour faire en sorte que nous ne marchions plus sur notre tête mais que notre région, notre pays, l’Europe, retrouvent la croissance, le progrès et fassent reculer la pauvreté,
la précarité.
Croyez à mon engagement pour travailler avec notre Conseil Municipal au progrès économique et social, à la réduction des
inégalités.
Avant de terminer, je voudrais saluer la révolution
démocratique en Tunisie et souhaiter de tout cœur que le parcours démocratique débouche sur des élections libres et la mise en place d’une démocratie parlementaire. Belle révolution pacifique
mais aussi fragile, elle a besoin de la France des Droits de l’Homme.
Je voudrais aussi apporter un soutien au monde de l’Education,
aux enseignants, aux étudiants qui subissent des réductions de postes importantes.
Sacrifier l’école et la formation, c’est sacrifier l’avenir.
Je veux saluer ici le succès rencontré concernant le maintien des 4 options existantes du BTS des métiers de l’Audiovisuel au Lycée
Viette de Montbéliard.
Mesdames et Messieurs, j’ai pu parfois vous paraître
pessimiste. C’est le pessimisme de l’intelligence mais croyez à notre optimisme de la volonté (Antonio Gramsci). Cette volonté inébranlable qui nous fait accomplir des prouesses, qui rend
possible l’impossible. Bonne année à vous mais n’oublions pas que cette nouvelle année sera aussi ce que nous en ferons.
Faisons de 2011, une année de paix, de progrès, de justice, de solidarité et de
fraternité.