L'examen du projet de loi sur la réforme des retraites continue aujourd'hui avec l'examen des mesures liées à l'égalité
hommes/femmes et l'emploi des seniors. Je compte intervenir sur le devenir des allocataires AER.
Vous trouverez ci-joint l'une de mes interventions mardi 12 octobre.
M. le président. La
parole est à M. Martial Bourquin, pour explication de vote.
Martial Bourquin. Ce comité de pilotage, tel qu’il est prévu,
ne correspond pas du tout à ce que nous attendons concernant la question des retraites.
Il se substitue au pouvoir politique et aux représentants des assurés sociaux. Selon nous, ce comité, qui
serait désigné par décret, pourrait être non pas un comité de pilotage, mais, très vite, un comité de verrouillage des retraites.
J’ai entendu tout à l’heure notre collègue Philippe Dominati nous parler d’un dysfonctionnement dans le
dialogue social. Traiter de questions comme celle-ci aujourd’hui, alors qu’il y a certainement plusieurs millions de personnes dans la rue (Mais non ! sur les travées de l’UMP.), ...
Eric Doligé : Arrêtez votre cinéma !
Martial Bourquin. en persistant à vouloir imposer une
réforme des retraites qui ne convient pas à la majorité des Français, c’est atteindre le paroxysme du non-dialogue social.
Martial Bourquin.Cela s’apparente à de l’autisme, et même à
un mépris du peuple ! (Exclamations sur les mêmes travées.)
Christian Cointat Tout cela, ce sont des mots !
Martial Bourquin.Monsieur le secrétaire d'État, sur la
question de l’équilibre financier des retraites, une fois pour toutes, considérez que la réforme que nous voulons n’est pas celle que vous nous proposez.
Charles Revet. Vous n’avez pas de projet !
Martial Bourquin.Vous, vous voulez vous en prendre à ceux
d’en bas, à ceux qui travaillent, qui peinent tous les jours. Nous, nous voulons nous en prendre à la financiarisation de l’économie. Nous pensons, par exemple, qu’une politique de croissance
serait bien plus utile pour l’équilibre des retraites. Nous pensons aussi que les plus de 3 millions de chômeurs, s’ils travaillaient demain, pourraient cotiser pour la retraite, pour la sécurité
sociale.
Vous vous êtes habitué au chômage de masse, qui est devenu intolérable dans notre société. (Marques
d’approbation sur les travées du groupe socialiste.)
Comment peut-on envisager de faire travailler deux ans de plus nos concitoyens, qui ont parfois des métiers
difficiles, alors qu’une minorité bénéficie de ce scandale qu’est le bouclier fiscal ?
À cette heure, nos concitoyens sont en train de manifester, certainement 5 à 6 millions de personnes!
(Exclamations ironiques sur les travées de l’UMP.)
Alain Gournac Bien plus ! Vingt millions !
Martial Bourquin.Moquez-vous, chers collègues, ce que je peux
vous dire, c’est que la grande majorité du peuple, y compris vos électeurs, ...
Mme Marie-Hélène Des Esgaulx : travaille
M. Martial
Bourquin. Monsieur le Président, je vous demande de faire taire ceux qui m’empêchent de parler !
Monsieur le Président Mon cher collègue, pardonnez-moi, mais vous avez beaucoup de talent pour provoquer en quelque
sorte ces exclamations. Alors, je vous en prie, ne vous plaignez pas! (Protestations sur les travées du groupe socialiste et du groupe CRC-SPG. – Applaudissements sur les travées de
l’UMP.)
Annie David Monsieur le président, que voulez-vous dire
? Que faites-vous de votre impartialité ?
Martial Bourquin.Monsieur le président, soit vous présidez,
soit vous...
Monsieur le Président.Poursuivez, je vous complimente, mon
cher collègue !
Martial Bourquin.Je m’interroge donc profondément sur le
blocage que vous êtes en train de construire, cette séparation entre les élites et le peuple !
Jean-Louis Carrère. (Désignant de la main les travées de la majorité) Des élites ? Pas vraiment...
Martial Bourquin.Vous êtes-vous demandé une seule fois quelle
serait votre réaction si l’on modifiait votre régime de retraite ? Accepteriez-vous la réforme telle qu’elle est actuelle- ment menée ? (Exclamations sur les travées de l’UMP.)
Charles Revet C’est vous qui déformez les choses
!
Eric
Doligé : démago.
Martial Bourquin.Vous imposez cette réforme au peuple, mais
ne l’accepteriez certainement pas pour vous ! (Nouvelles exclamations sur les mêmes travées.) Voilà le vrai scandale ! C’est là qu’il y a une coupure entre les élites et le peuple ! (Protes-
tations sur les mêmes travées.)
Nous, nous aimons la solidarité et la justice. (Rires sur les travées de l’UMP.) Vous, vous vous mettez au
service des forces de l’argent ; vous serez jugés comme tels ! (Applaudissements sur les travées du groupe socialiste et du groupe CRC- SPG. – Vives exclamations sur les travées de l’UMP.)