Vendredi 1 octobre 2010
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La première lecture de la loi NOME s'est achevée hier au Sénat. Le groupe socialiste s'y est fortement
opposé.
Nous nous sommes notamment engagés en faveur de prix bas de l'électricité, en particulier pour celles et
ceux d'entre nous qui se trouvent en difficulté.
EXTRAIT DE MON INTERVENTION DU 28 SEPTEMBRE
Monsieur Masson, je suis vraiment très surpris – et je vous le dis franchement, c’est un euphémisme –
de vous entendre parler de la sorte !
Je suis maire d’une ville de 15 000 habitants qui compte, après la crise, plus de
1 400 personnes au chômage. Elles n’ont pas demandé à être dans cette situation. Les équipementiers, par exemple, ont parfois perdu 30 % de leurs effectifs.
Nous pourrions, vous et moi, nous retrouver au chômage. On ne peut pas parler de ces personnes qui sont en
difficulté comme vous l’avez fait ! Ces chômeurs ne sont pas des assistés ; ils voudraient bien travailler. N’oubliez jamais qu’il y a 4,2 millions de personnes inscrites à Pôle
emploi.
N’est-ce pas la moindre des choses, pour une personne seule ou une famille, d’avoir accès à l’électricité ?
Nous ne vous demandons pas une électricité bradée ; nous souhaitons juste que le pacte nucléaire, qui est un acquis du Conseil national de la Résistance, soit respecté. Dans la mesure où
tous les contribuables ont déjà payé les centrales nucléaires, l’électricité doit leur être vendue à des prix bas.
Monsieur Masson, votre tirade sur l’assistanat est totalement déplacée. Quel rapport a-t-elle avec ce
débat ? Nous nous trouvons face à une tradition française ; faisons en sorte qu’elle soit respectée. J’ai peur que ce ne soit plus le cas demain avec le vote de ce projet de loi
NOME.
Monsieur le secrétaire d’État, mes chers collègues, il faut faire en sorte que nous ayons une électricité à prix
bas, parce que, je le répète, les contribuables ont déjà payé les centrales nucléaires. C’est la moindre des choses, on ne va pas les faire payer deux fois !
Il faut avoir la volonté de faire de ce pacte énergétique une chance pour la France et non un boulet à traîner.
J’aime la France ouverte, pas la France offerte !
Lorsque nous nous sommes rendus à Saint-Jean-de-Maurienne il y a peu, les industriels nous ont également fait
part de leurs inquiétudes à propos de l’augmentation du prix de l’électricité.
Savez-vous combien coûte le coulage de l’aluminium ou du silicium en Chine ? Vingt-deux fois plus en
énergie ; cette énergie, le charbon, se traduit d’ailleurs par des rejets de CO2 extraordinaires dans l’atmosphère.
De quoi parle-t-on aujourd’hui ? Des ménages. Nous sommes les élus de la nation, et nous devons tendre la
main aux personnes en difficulté, qui ne sont pas des assistés.
En outre, si nous voulons garder nos entreprises, si nous voulons un socle industriel fort, le pacte énergétique
que nous avons est une chance pour la France et non un boulet à traîner.
Je suis surpris que le Gouvernement ou le Parlement, avec les rapports qui nous sont présentés, montrent ce
pacte nucléaire comme une obligation d’introduire de la concurrence, non pour faire baisser les prix, mais au contraire pour les augmenter ! Quelle est cette trouvaille ?
Il fallait justement avoir un débat solide avec Mme Kroes et lui dire que nous voulons garder notre spécificité
française. Ce n’est pas le moment de nous désarmer, à l’heure de la mondialisation, alors que nos entreprises peinent et que les questions liées à l’emploi ont pris une importance qu’elles n’ont
jamais eue auparavant.
Mes chers collègues, ayons un débat de fond et abstenons-nous de toute intervention comme celle qui vient d’être
faite concernant les personnes en difficulté.
Ce ne sont pas les banquiers ni les traders qui payent la crise ! Ils ne se sont jamais si bien
portés. Dans cette société, ce sont toujours les mêmes qui payent et qui sont mis sur le banc des accusés. De telles interventions sont inadmissibles ! (Très bien ! et applaudissements sur les travées du groupe socialiste et du groupe CRC-SPG, ainsi que sur certaines travées du RDSE.)