Jeudi 16 juin 2011
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Le mercredi 8 juin, lorsque j'ai présenté le rapport sur la désindustrialisation, une "blogueuse" était présente dans la salle.
Le résumé qu'elle a souhaité faire de ce travail a été publié sur le site Marianne 2.
Je vous invite à lire ce texte. Vos commentaires sont les bienvenus.
Un sénateur PS propose un «protectionnisme light»
Le sénateur PS
Martial Bourquin a rendu un rapport sur la désindustrialisation. Pour la blogeuse Bah !? by CC, qui nous en fait un petit résumé, il faut non seulement sauver ce qui est encore « sauvable », mais
aussi faire de l'industrie une grande cause nationale, et enfin instaurer un protectionnisme light.
Hier soir, j'étais à la présentation de la mission sur la
désindustrialisation, avec Martial Bourquin, le sénateur qui a présidé la commission qui s'est chargé de ce rapport. J'en ai déjà parlé il y a quelques temps. J'ai fait un Live Tweet (le mot
tweet est entré dans le dictionnaire hier !)...Voilà un petit résumé...
L'introduction par Martial Bourquin présente la commission : même si le sénateur socialiste a été l'initiateur, le groupe de travail est majoritairement à
droite. Les idées reçues sur le sujet étaient, dès le début, celle du productivisme. L'idée qu'il faut réduire les coûts du travail pour gagner en productivité. C'est par un voyage en
Allemagne que l'on va voir que les choses ne sont pas si simples. C'est un voyage dans les landers allemands qui va être éclairant. Ce qu'il faut souligner, aussi, c'est que parler de
désindustrialisation, c'est désespérant. Il ne faudrait pas oublier de vouloir la réindustrialisation et c'est pour cela que ce rapport est bon : il propose des choses
concrètes.
Il faut revenir sur quelques chiffres et sur quelques idées phares : 30 % du PIB allemand vient de l'industrie. Seulement 16 % en France. Pourtant, le coût
du travail est identique. Les Allemands ont misé sur la qualité. Comme cette entreprise de textile du Nord qui a su ne pas délocaliser, en faisant de la qualité et aussi en réduisant les
coûts au sein de l'administration, pour se concentrer sur la production... Les beaux exemples existent.
Un constat s'impose aussi : la réindustrialisation coûte cher. Et depuis les années 70, le patronat a choisi de faire disparaître les industries, en France,
au profit des services. Cette stratégie est durement remise en cause depuis la crise. Le contre exemple flagrant, c'est l'Irlande...Il faut donc, dans un premier temps, sauver ce qui est
encore « sauvable » et arrêter de voir partir les belles entreprises de notre territoire. L'idée d'aller faire moins cher ailleurs est un échec. Premièrement, c'est jamais assez : par
exemple, le textile a d'abord délocalisé au Magreb avant d'aller encore moins cher en Asie. C'est un jeu sans fin. Ensuite, la France a un potentiel de recherche et d'investissement plus fort
(pour l'instant) que les pays émergents. Il faut donc en profiter pour jouer la carte de l'innovation et de la qualité.
Les priorités, pour sauver notre industrie, selon Martial Bourquin, c'est une campagne de communication, à grande échelle, pour redorer le blason du secteur.
Faire de celui-ci une cause nationale, c'est le premier pas vers une prise de conscience collective. Il faut aussi que cela passe par l'éducation nationale. Il faut que les formations soient
mieux adaptées et mieux concertées entre le monde du travail et l'école. Je suis prof et je ne peux qu'approuver.
Enfin, il faut pratiquer un protectionnisme « light » qui permettra de faire valoir nos productions, protéger les brevets, exiger les mêmes conditions
sociales et environnementales pour les importations ou imposer des taxes sociales ou « carbone » pour les pays importateurs qui ne respecteraient pas nos règles du jeu.
Bref, c'était une soirée passionnante. Je veux croire que ce travail fera partie
intégrante du programme du PS, l'année prochaine. Et surtout que la candidate ou le candidat saura le défendre aussi bien que Martial Bourquin l'a fait hier soir.
Je voulais parler aussi d'un sujet abordé en question, mais je crois que je
reviendrai dessus plus tard. La soirée a été trop riche pour ne faire qu'un seul billet...
Par martial bourquin
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