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Lundi 1 février 2010 1 01 /02 /Fév /2010 14:30
Le 18 janvier, nous avons auditionné dans le cadre de la commission de l'économie, Anne-Marie Idrac, secrétaire d'Etat au commerce extérieur.

J'y ai parlé de la situation de l'automobile.




Martial Bourquin  a souligné que le déficit commercial de la France était très important et que l'euro fort ainsi que des normes environnementales exigeantes étaient des facteurs qui pesaient de plus en plus sur les entreprises, notamment lorsque, dans le secteur de l'automobile, ces dernières travaillent en faisant appel au global sourcing et donc à des acteurs qui n'ont pas de repères sur les normes environnementales et sociales. Il s'est ainsi demandé si ce phénomène n'aboutissait pas à fausser les échanges et si ces difficultés étaient discutées à l'OMC. Evoquant la question du déficit dans le secteur automobile, il s'est inquiété du paradoxe selon lequel les ventes de véhicules atteignent un niveau record tout en créant dans le même temps, structurellement, un important déficit du commerce extérieur. Citant le cas du constructeur Renault et d'une éventuelle délocalisation en Turquie de la production d'un modèle de véhicule, il s'est demandé par ailleurs s'il ne serait pas souhaitable de soumettre les aides attribuées aux entreprises à une contrepartie les empêchant de délocaliser leur activité.

En réponse, voici un extrait de l'intervention de Mme Anne-Marie Idrac :


- les chiffres du secteur automobile -constructeurs et équipementiers- sont catastrophiques : on est passé en 5 ans d'un excédent d'environ 10 milliards d'euros à un déficit de 5 milliards d'euros ; une partie de la hausse des immatriculations a été couverte par la production nationale et une partie par des véhicules importés, y compris Renault et Peugeot et si la prime à la casse allemande a dopé les exportations françaises en 2009, le déficit reste important ;

- le Gouvernement a obtenu dans l'accord avec la Corée du Sud que les véhicules Peugeot puissent, pendant une période transitoire, ne pas satisfaire les normes environnementales coréennes, plus exigeantes que les normes françaises ;

- la normalisation revêt une dimension importante dans tous les secteurs et il faut obtenir que les organismes techniques, les organismes de spécification ou qui délivrent des certifications appliquent les normes européennes ;

- la question du cours du dollar, qui profite actuellement aux importations de pétrole mais est préjudiciable aux entreprises qui produisent en euros et qui vendent en dollars revêt une dimension multilatérale sur laquelle il n'y a pas d'unanimité : sur ce sujet, le G20 a commencé à fixer un cadre dans lequel il est possible de parler des déséquilibres globaux, en particulier entre la Chine et les États-Unis ;

...

- l'étiquetage écologique ne constitue pas un outil de protection commerciale dans la mesure où il ne fait pas partie des règles de l'OMC ; en France, il s'appliquera à tous les produits, y compris importés ;


- beaucoup de ces contrats sont aujourd'hui à concevoir dans une logique de partenariat et l'importance des investissements français à l'étranger permet de monter facilement des usines d'assemblage.



Par martial bourquin - Publié dans : AU SENAT
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