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Mardi 10 mai 2011 2 10 /05 /Mai /2011 15:37

Aujourd’hui, c’est un moment de recueillement. C’est un moment de souvenir. Pendant de longues années, des millions de personnes ont été pourchassées, capturés, jetées à fond de cale et transportées ainsi à l’autre bout du monde.

 

Les historiens évaluent leur nombre à 12 millions mais comme le dit Françoise Vergès, n’oublions pas que pour chaque esclave arrivé vivant à destination, quatre ou cinq mourraient entre la capture et le voyage et qui n’ont pas de sépulture. Il n’y avait pas de cimetière d’esclaves.

 

Le jour de commémoration nationale doit nous faire prendre la dimension de ce commerce abjecte, inhumain. C’est avec cette traite négrière, avec cette politique de l’esclavage que se sont bâti des empires coloniaux et qui ont prospéré grâce à l’exploitation de millions d’êtres humains.

 

Pour aller aux racines du racisme, il nous faut connaître mieux cette histoire sombre de nos sociétés. La France doit se pencher sur son passé et intégrer cette dimension incontournable de son histoire.

 

C’est seulement le 23 mai 1848 que la traite et l’esclavage ont été abolis. La loi Taubira a reconnu la traite et l’esclavage comme des crimes contre l’humanité.

 

Si le continent africain connaît les difficultés que l’on sait, c’est parce qu’il a subi ces atrocités. Les îles des Antilles ont subi ces pratiques. Le colonialisme s’est constitué avec la traite et l’esclavage.

 

Attaché à la République, aux valeurs d’égalité, de justice, je pense que la vérité sur cette période sombre doit être connue, enseignée pour ne plus que cela recommence, pour que nous soyons des citoyens avertis et pour comprendre les racines du racisme. Le devoir de mémoire est certainement le plus bel hommage que nous pouvons rendre à ces millions de femmes et d’hommes qui ont subi ces crimes affreux.

 

Je voudrais profiter de cette commémoration pour rendre hommage à ceux qui ont combattu et parfois sont morts pour abolir l’esclavage. Je pense notamment à Toussaint Louverture, mort au château de Joux, emprisonné sur ordre de Napoléon, je pense aussi à l’Abbé Grégoire, à Victor Sholcher. Ces personnalités et d’autres plus anonymes sont l’honneur de la France. Je tiens à souligner l’excellent travail effectué par l’équipe de la Maison de la Négritude à Champagney. Cette maison est l’honneur de la Franche-Comté.

 

Les personnes éprises de paix, de solidarité doivent faire de cette journée du 10 Mai une grande journée nationale du souvenir, de joie, c’est la fin de l’esclavage qui est fêtée. C’est aussi comme cela que nous saurons regarder notre histoire en face, la faire connaître aux générations futures. Nous serons plus forts pour combattre l’esclavage qui perdure dans certains pays. Combattre aussi certaines pratiques qui visent à profiter de l’immigration clandestine pour exploiter scandaleusement des personnes sans défense.

 

En faisant le premier flotter le drapeau national sur son île, Toussaint-Louverture ouvre la voie aux leaders noirs du monde :

 

« En me renversant, on n’a abattu que le tronc de l’arbre de la Liberté des Noirs. Il repoussera par les racines parce qu’elles sont nombreuses et profondes. »

Par Martial Bourquin - Publié dans : AUDINCOURT
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