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Au service du Doubs
Je viens d’apprendre que le ministère de l’Education Nationale annonce la suppression de 341 postes d’enseignants (154 postes pour le 1° degré et 177 postes pour le 2° degré) dans l’Académie de Besançon pour la rentrée 2012, ce qui fait de la région de Franche-Comté la cinquième académie la plus touchée de France.
Je reste consterné à l’annonce de ces chiffres. L’Education Nationale est une fois de plus victime de la politique de la RGPP mise en place par le gouvernement et ceci devient une habitude depuis 5 ans.
On comptera en effet la suppression de 80 000 postes d’enseignants entre 2007 et 2012. Cette politique aveugle du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux dans le domaine de l’Education est lourde de conséquences. Non seulement les services publics de première nécessité deviennent de moins en moins accessibles pour un grand nombre de nos concitoyens mais vous faites peser de lourdes menaces sur l’avenir de la jeunesse en France et plus généralement sur la capacité future de notre pays à innover. La compétitivité d’un pays est avant tout sa capacité à s’adapter aux transformations et à anticiper sur l’avenir.
Il m’apparaît essentiel de rappeler que le rapport du Centre d’analyse Stratégique en 2010 souligne que la France est un des pays avec le plus faible taux d’encadrement pour les niveaux primaire et universitaire au sein de l’OCDE. Le gouvernement semble occulter ces données qui, pourtant, devraient faire l’objet de toutes les attentions et de toutes les réflexions.
Ces suppressions de postes dans l’académie de Besançon vont inexorablement se traduire par des conditions de plus en plus difficiles d’accès aux savoirs dans des communes rurales comme dans des quartiers difficiles. La région de Franche-Comté est en effet une région comptant un grand nombre de communes rurales pour qui la présence d’une école offrant de bonnes conditions d’apprentissage est signe de pérennité, de dynamisme. Elle s’avère indispensable pour l’aménagement de ces territoires. La Franche-Comté possède également des ensembles urbains avec des quartiers en grande difficulté étant donné la crise industrielle que nous traversons. Le rôle des enseignants dans l’apprentissage des savoirs mais aussi et surtout dans l’apprentissage des règles de vie en société et de la citoyenneté est unanimement reconnu.
Le métier d’enseignant a effectivement évolué et leurs missions deviennent de plus en plus complexes, plus nombreuses. Comment peuvent-ils s’acquitter correctement de leurs missions avec des classes surchargées et dans lesquelles les problématiques individuelles de chaque élève s’avèrent jour après jour plus difficiles ?
Dans un courrier qui lui est adressé je demande très solennellement au Ministre de l’Education Nationale un moratoire afin d’éviter une hémorragie de postes dans l’Education Nationale. Cette carte scolaire telle qu’elle est prévue s’annonce d’ores et déjà dramatique pour de nombreuses académies à l’instar de celle de Besançon. Elle endommage gravement notre système éducatif et remet en cause l’égalité des chances des jeunes Français, égalité pourtant si chère à notre République.