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Jeudi 21 janvier 2010 4 21 /01 /Jan /2010 11:09
La double rémunération d’Henri Proglio pour un montant de 2 millions d’euros est un véritable scandale pour notre pays, pour la démocratie, qui plus est dans un contexte de crise économique et sociale très grave.

Le gouvernement semble beaucoup plus préoccupé par le fait que cette rémunération soit révélée que par le niveau indécent de cette rémunération.

Pour Madame la Ministre de l’Economie, je cite, « Il y a des marchés, des concurrents, un monde qui a changé ». Or, un grand service public comme EDF ne peut pas fonctionner sur le même mode que l’entreprise, qui plus est totalement soumis, comme le justifie Madame Lagarde, à la loi du marché.

Le fait que Monsieur Proglio soit rémunéré à hauteur de 450 000 euros par Véolia autorise une nouvelle fois les plus grands soupçons sur les conflits d’intérêts entre EDF et Véolia, qui ne manqueront pas d’intervenir.

Madame Lagarde a par ailleurs indiqué n’avoir pas de meilleur candidat possible que Monsieur Proglio, ce qui témoigne d’un manque de confiance dans les hommes et les femmes de notre pays, ainsi qu’en la Haute fonction publique, ce qui est un comble pour un ministère qui a en charge les fonctionnaires.

Je suis enfin outré que Monsieur Proglio estime ne pas avoir assez de travail avec une entreprise comme EDF pour ressentir le besoin de faire des ménages chez Véolia. J’interprète ce double travail comme un manque d’intérêt pour EDF, ce qui est inacceptable.

Parce que des conflits d’intérêts vont se poser, et parce que le manque d’intérêt de Monsieur Proglio pour l’entreprise qu’il dirige est patent, je demande la démission de Monsieur Proglio qui pourra à loisir s’occuper des destinées de Véolia.

Je rappelle que j’ai été à l’origine, dans le cadre du projet de loi Poste, d’un amendement destiné à interdire le cumul de fonctions du président de la Poste avec d’autres fonctions dans des conseils d’administration. Cet amendement a été voté au Sénat, puis a été annulé par l’Assemblée nationale.

J’ai par la suite signé un amendement de mon collègue Richard Yung demandant l’extension de ce dispositif à l’ensemble des entreprises publiques, amendement qui a été refusé par la droite sénatoriale.

Il est loin le temps où le candidat Nicolas Sarkozy se faisait le héraut de la démocratie irréprochable.

Je note que le gouvernement est incapable ou ne veut pas céder aux caprices des grandes entreprises et ne cesse de creuser les déficits publics pour les contenter. C’est Henri Proglio qui pose ses conditions salariales. C’est Carlos Ghosn qui impose les sites de production de la Nouvelle Clio, en empochant 3 milliards de prêts d’Etat. Ce sont les restaurateurs qui imposent la baisse de TVA, sans aucune contrepartie. Ce sont les grandes entreprises qui obtiennent la suppression de la taxe professionnelle, encore une fois sans aucune contrepartie.

Cette situation ne peut plus durer.

Je rappelle qu’en ce moment même, le gouvernement prépare un projet de loi qui prévoit notamment d’augmenter le tarif électricité en cas de pic de consommation, ce qui constitue une double peine pour les plus démunis et en particulier celles et ceux qui vivent dans des régions plus froides, comme la Franche-Comté.

Il serait bon que la France d’en Haut daigne un jour redescendre des hautes sphères dans lesquelles elle évolue et prenne en compte le fait que 95% de la population est choqué par des pratiques moyen-âgeuses.

Par martial bourquin - Publié dans : OPINIONS
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