Partager l'article ! L'industrie française est moderne : entretien avec la Gazette des Communes: « L’industrie française est moderne ! », assure Martial Bourqui ...
Au service du Doubs
Le Sénat a lancé, le 27 mai, les travaux et auditions de la mission d’information sur la désindustrialisation des territoires créée à l’initiative du groupe socialiste. Son rapport est attendu début 2011.
Interview de son président, Martial Bourquin, sénateur du Doubs (PS - Franche-Comté).
Quel constat a conduit le groupe socialiste à initier cette mission ?
Tout simplement la situation vraiment très difficile que traverse l’industrie française. Entre 2002 et 2008, ce secteur a perdu 500 000 emplois. Depuis 2000, la part de l’industrie dans la
population active est passée de 16 % à moins de 13 %. Ces destructions d’emplois touchent en premier lieu les plus de 55 ans, qui ont beaucoup de mal à retrouver une activité
professionnelle.
Quel est l’axe principal de cette consultation ?
Recueillir le plus large panel d’expertises afin d’avoir une vision la plus proche de la réalité possible. Nous allons consulter, soit lors d’entretiens, soit via l’envoi d’un
questionnaire, des industriels, des chercheurs et aussi des élus locaux, présidents de régions, de départements et d’intercommunalités, que nous considérons comme des interlocuteurs naturels sur
la question de la désindustrialisation.
Notre objectif est de constater les difficultés, mais aussi les réussites. Ce travail devrait nous permettre d’élaborer un diagnostic de la désindustrialisation avant de formuler des propositions.
Concrètement, nous avons commencé, jeudi 27 mai, nos auditions en rencontrant des
représentants de L’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) et du Conseil d’analyse économique (CAE), et nos premiers déplacements sur le terrain auront lieu, début juin, en
Nord-Pas-de-Calais et en Rhône-Alpes. Nous nous rendrons également à l’étranger, examiner le modèle allemand qui fait figure de référence avec une proportion de 30 % de son PIB réalisé dans le
secteur de l’industrie, et aussi en Italie qui se distingue par un nombre important de petites et moyennes entreprises organisées, de façon probante, en district.
Croyez-vous encore en l’industrie comme moteur
économique ?
Tout à fait. Tout comme je crois aussi au volontarisme politique. La récente crise financière nous a appris que les pays qui ont le mieux résisté sont des pays fortement
industrialisés. Des théories, dangereuses, ont voulu nous faire croire que l’industrie était appelée à disparaître selon un cycle naturel, comme il était, paraît-il, naturel qu’un pays développé
soit conduit à délocaliser. Je ne crois pas en ce fatalisme. La France et ses territoires ont de véritables atouts industriels à valoriser