Au service du Doubs
Je viens de prendre connaissance par voie de presse du projet de Renault de produire la nouvelle Clio en Turquie.
Le site de Flins, touché par cette mesure, pourra certes accueillir la production de voitures électriques de la firme. Mais cette décision est un coup de canif majeur dans le pacte automobile liant les constructeurs français au gouvernement et à l’ensemble de nos concitoyens.
Le pacte automobile prévoyait en 2009 le prêt à Renault de 3 milliards d’euros. La prime à la casse a par ailleurs très nettement permis d’accroître les ventes de Renault (+13,3% en 2009), ce dont s’est félicité il y a deux jours le Chef de l’Etat.
Les parlementaires, les salariés de l’industrie automobile, mais aussi nos concitoyens sont outrés par l’attitude du constructeur. Les aides à l’automobile ne sont pas des aides à la délocalisation et doivent concrètement être efficaces pour l’emploi, pour l’environnement, pour l’aménagement du territoire.
Il faut rappeler que ce projet de délocalisation intervient juste un mois après le vote de la fin de la taxe professionnelle, qui, pour la majorité et le gouvernement, était destinée à redonner de la compétitivité aux entreprises françaises et aider notre industrie dans un environnement concurrentiel difficile.
Il s’agit bien d’une provocation de la Direction de Renault, permise par l’incompétence du gouvernement, qui continue à distribuer des cadeaux fiscaux sur le dos du budget de l’Etat.
Nous avons ici la preuve que la fin de la taxe professionnelle n’est pas un levier économique, mais bien un outil reconstituant des marges, rabotées par la crise financière.
Nous avons la preuve une fois de plus que le gouvernement n’a pas posé en amont de contreparties fortes, ce qui est une invitation à tous les dérapages. L’exemple de la TVA restauration est dans toutes les mémoires.
Nous ne pouvons pas nous contenter que l’Elysée intervienne par le biais d’un seul rappel à l’ordre. L’Etat, premier actionnaire de Renault et possédant 15% du capital, est en position d’exiger l’arrêt de telles pratiques.
Par ailleurs, il serait bon que l’Etat intervienne aussi pour éviter en amont la délocalisation des activités des équipementiers et sous-traitants du secteur, qui se déroule dans une relative clandestinité.
Je rappelle avoir demandé en mars 2009 la tenue d’une commission d’enquête parlementaire sur les
aides consacrées à l’automobile, qui n’a pas été discutée à ce jour.