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Vendredi 22 octobre 2010 5 22 /10 /Oct /2010 16:56

Mercredi 20 octobre 2010 : Projet de réforme sur les retraites

Martial Bourquin

Cette réforme des retraites n'était pas prévue, le Président de la République ayant lui-même déclaré qu'il ne la ferait pas, du moins pas de cette façon-là.

Par ailleurs, un événement très significatif vient de se produire : la création d'un nouveau groupe financier par la fusion du groupe CNP Assurances et du groupe Malakoff Médéric. On est en droit de se demander si cela ne prépare pas le dynamitage du système des retraites par répartition. En effet, est-ce une coïncidence si la mise en place de ce nouveau groupe, qui sera dirigé par M. Guillaume Sarkozy en personne, intervient en même temps qu'est menée avec une fermeté inouïe, qui confine à la fermeture, la présente réforme des retraites ? (Exclamations sur les travées du groupe socialiste et du groupe CRC-SPG.)

M. David Assouline. Comme par hasard !

Mme Éliane Assassi. Une fusion avec le monde de la finance !

M. Martial Bourquin. N'est-ce pas là une manière de préparer le dépassement ou le dynamitage de la retraite par répartition ? Nous sommes en droit de nous interroger.

Hier, M. le ministre a dit vouloir sauver le système des retraites par répartition. Mais je me souviens d'une promesse du Président de la République selon laquelle GDF resterait une entreprise publique…

M. Roland Courteau. Eh oui, il l'a dit !

M. Martial Bourquin. Il l'a dit et répété sur tous les tons, pour finir par la privatiser !

Selon certaines sources, la mise en place d'un fonds de pension à la française représenterait un marché de 40 milliards à 110 milliards d'euros ! On sait ce que sont les fonds de pension : l'argent des salariés servira à financiariser au maximum l'économie.

M. Roland Courteau. En effet !

M. Martial Bourquin. Avant de vous lancer dans cette aventure, rappelez-vous l'affaire Enron !

Hier, notre collègue Jean-Pierre Sueur a posé des questions extrêmement précises. Votre attachement proclamé à la retraite par répartition et ces ouvertures ménagées par le texte visant à la mise en place d'un système par capitalisation ne cachent-ils pas la fin programmée du système des retraites par répartition ?

Mme Éliane Assassi. Bien sûr !

M. Martial Bourquin. Nous sommes en droit de nous poser cette question.

M. Martial Bourquin. Tout cela pourrait expliquer votre attitude de fermeture dans ce débat sur les retraites, votre opposition à toute nouvelle négociation,…

Mme Nicole Bricq. La fermeture est claire ! (Sourires.)

M. Martial Bourquin. … l'objectif étant de mettre rapidement en place un système par capitalisation, au bénéfice de certains acteurs de la sphère financière qui s'y sont préparés.

M. Roland Courteau. Évidemment !

M. Martial Bourquin. Telles sont les questions que nous nous posons ; elles méritent quelques éclaircissements.

Tout à l'heure, M. Longuet a évoqué une « majorité responsable ». Mais l'est-elle lorsqu'elle mène cette réforme des retraites tout en maintenant le bouclier fiscal ? Nous sommes en droit d'estimer que cette réforme n'est pas juste !

Monsieur le ministre, vous avez dit qu'il fallait avoir un esprit de dialogue, mais il ne faut pas dialoguer simplement entre soi, il faut aussi échanger avec le peuple et avec ses contradicteurs ! Au vu des nouveaux éléments apportés au débat, on pourrait rouvrir les négociations avec les organisations syndicales et engager de nouvelles discussions au Parlement pour améliorer le texte qui nous est proposé.

Ce projet de loi comporte le risque, et même le danger, d'une introduction de la retraite par capitalisation !(Applaudissements sur les travées du groupe socialiste et du groupe CRC-SPG, ainsi que sur certaines travées du RDSE.)

Par martial bourquin - Publié dans : AU SENAT
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