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Au service du Doubs
Mercredi, j’ai pris part à un déplacement de la mission désindustrialisation des territoires à Stuttgart. Le voyage a été un peu écourté à cause de difficiles conditions climatiques en France mais nous avons pu bénéficier de témoignages tout à fait éclairants.
Il s’agissait pour nous de comprendre comment l’Allemagne pouvait disposer de tels résultats industriels comparativement à la France.
L’un des tout premiers responsables du groupe Bosch a tout d’abord fait valoir que le coût du travail mais aussi la durée du travail étaient quasi equivalents de part et d’autre du Rhin. J’ai été heureux de voir que des idées recues, solidement ancrées dans l’imaginaire collectif du libéralisme pouvaient ainsi tomber à l’épreuve des faits.
Autre idée recue, le maire de Stuttgart (CDU), qui preside depuis peu le conseil des communes et regions d’Europe nous a fait part de son attachement à la taxe professionnelle qu’il juge indispensable pour assurer le réinvestissement dans l’innovation.
Ce voyage a été en effet l’occasion de verifier que la qualité de l’innovation, soutenue par des infrastrutures et une organisation remarquables, était bien l’une des clés de la compétitivité de l’industrie allemande.
Alors que nous arrivons à la fin du cycle d’auditions et de déplacements de cette mission sénatoriale, je suis de plus en plus convaincu que la course au moins-disant social, environnemental et ses corrollaires, l’allègement fiscal systématique et la recherche de marges démesurées sans contreparties constituent des erreurs stratégiques majeures : des erreurs économiques, des erreurs sociales, des erreurs politiques, des erreurs que nous sommes en train de payer cher mais que nous avons encore le temps de réparer.
Pour cela, il paraît plus que jamais nécessaire que notre pays sache définir ses priorités et s’y tenir. Je plaide pour que nous nous engagions pleinement dans une culture industrielle, véritable colonne vertébrale d’une politique industrielle réussie.