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Au service du Doubs
La semaine dernière, le ministre de l’industrie réclamait à cors et grands cris des fortes amendes aux maires jugés peu efficaces en matière de lutte contre la délinquance, oubliant au passage que c’est bien l’Etat qui se doit d’assurer la sécurité de nos concitoyens.
Le gouvernement est aujourd’hui en train de préparer l’opinion à une politique de « sauve qui peu budgétaire » qui prévoie le rabot aveugle de toute une série de dépenses publiques comme d’exonérations fiscales.
Je dois vous dire mon impatience d’entendre Christian Estrosi faire preuve de la même obsession pour la performance, la cohérence et l’efficacité quand il s’agira à ce moment-là d’évaluer et donc de corriger la politique économique et sociale menée par son propre camp.
La baisse de la TVA restauration ne donne pas les résultats escomptés en terme de création d’emplois, de situation des personnels, de baisse des additions ? Remettons-là en cause ou encadrons là fortement en amont. Soyons efficaces. La défiscalisation des heures supplémentaires est contreproductive pour l’emploi ? Il faut la supprimer sur le champ. Le bouclier fiscal coûte très cher, est foncièrement injuste …enlevons-le ! Soyons efficaces. Le projet de réforme des retraites est en totale contradiction avec la situation catastrophique de l’emploi des jeunes et celle tout aussi reluisante des seniors. Remettons tout à plat. Les aides à l’épargne ne sont pas cohérentes et peu efficaces. Optons pour de véritables choix économiques au service du travail et de l’innovation. Le crédit impôt recherche ne bénéficie pas assez aux PME. Réorientons-le sans complexe. Soyons efficaces.
Nul doute que le ministre de l’industrie devrait trouver de quoi animer sa soif de performance durant de nombreuses semaines pour le plus grand bénéfice de chacun.
A moins que le gouvernement ne décide de se draper de l’ampleur de la crise économique et sociale et de la situation catastrophique dans laquelle il a plongé les finances publiques pour faire taire tout débat constructif. On ne soigne pourtant pas un pays moribond en lui injectant de fortes doses d’anesthésiant.
Raboter là une exonération fiscale, là un bout d’une autre, rogner une autre partie par ci, enlever par-là, ne serait pas digne de la situation que nos concitoyens, que nos entreprises et que nos territoires vivent. Les Français ne réclament pas le scalp de telles ou telles niches fiscales pas plus qu’un nombre minimum de personnes expulsées pour faire oublier les turpitudes de l’été de l’affaire Bettencourt.
Je souhaite pour ma part qu’une remise à plat complète de nos priorités budgétaires soit mise en oeuvre. La fiscalité est un puissant outil de redistribution mais aussi un moyen habile de réorienter des mesures qui ne marchent pas ou mal.
Il s’agira pour cela que chacune des dépenses fiscales ou non soit effectivement évaluée au regard de véritables critères transparents en terme d’emplois pérennes, de développement durable, d’aménagement du territoire et que ces évaluations soient suivies d’effets. Cela aurait au moins le mérite de la cohérence.
Rappelons-nous, il a tout juste un an, le 14 septembre 2009, la commission animée par Le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz rendait au Président de la République son rapport sur la mesure des performances économiques et du progrès social. Si l’on écoutait les membres de cette commission, l’humain, le développement durable, le bien-être de nos concitoyens, les services publics pouvaient être des critères pout aussi pertinents pour juger de l’efficacité de ces politiques.
Des propositions qui n’ont malheureusement pas l’air d’avoir franchi les enceintes du Fort de Brégançon.