Recherche

INDUSTRIE

Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 17:14

La décision prise par PSA d’acheter à la sous-traitance, et plus particulièrement au groupe KYB en Espagne, les 6 Millions d’amortisseurs fabriqués annuellement sur le site PSA de Sochaux est choquante. Alerté au mois de mai par les organisations syndicales, j’avais immédiatement adressé un courrier à M. Philippe Varin, Président du Directoire de PSA Peugeot-Citroën. Je lui faisais part de mon inquiétude face à cette volonté de la Direction qui aurait conduit à une perte du dynamisme du Pays de Montbéliard. « Ce territoire engagé dans le pôle de compétitivité doit aussi savoir conserver son savoir-faire. » Je lui rappelais également que « les amortisseurs fabriqués par cette usine Mécanique de Sochaux sont d’une grande qualité et sont expédiés dans les autres usines du groupe. Ils participent à l’image de fiabilité et de confort plébiscitée par la marque. » M. Varin dans sa réponse me précisait que la politique « achat ou fabrication » dans le domaine des amortisseurs faisait « l’objet d’un processus complet d’information et de consultation tant du Comité Central d’Entreprise que du Comité d’Etablissement de Sochaux » et me rappelait « la qualité du dialogue social » de l’entreprise.

Or, force est de constater que non seulement le dialogue social n’a pas prévalu à cette décision mais que la direction de PSA a largement « surévalué » l’écart de compétitivité entre la solution interne et la solution externe selon le cabinet d’experts Sécafi. En effet, d’après les constatations réalisées par ce même cabinet, le coût de la main d’œuvre ne peut être retenu comme principal argument en faveur de l’externalisation. Ainsi, le problème de la délocalisation  en France est très loin de la vision simpliste largement diffusée par le gouvernement.

Contrairement à ce qu’affirment Nicolas Sarkozy et les membres de son gouvernement  réduire le coût de la main d’œuvre française, en réduisant par exemple les charges sociales des entreprises est un leurre et  ceci ne peut être vu comme la solution pour régler la désindustrialisation.

 Le cabinet Sécafi souligne également la différence entre les amortisseurs à clapet fabriqués à Sochaux et les amortisseurs à diaphragme conçus par l’équipementier espagnol. La supériorité technologique et la qualité des amortisseurs sochaliens sont largement mises en avant. Or, je réaffirme qu’il faut absolument envisager une montée en gamme des produits pour permettre au secteur industriel de se développer pleinement sur le sol national. L’image de fiabilité et de sûreté d’une marque est une condition essentielle pour assurer des exportations importantes. Les marques allemandes d’automobile l’ont bien compris, pourquoi la direction de PSA s’obstine t-elle alors dans une décision qui va à l’encontre de cette évidence ? Comment peut-elle ignorer à ce point l’avis d’experts ?

Incompréhensible d’un point de vue économique, cette décision a surtout des conséquences sociales dramatiques. Ce sont près de 600 emplois qui sont concernés dans le Pays de Montbéliard auxquels s’ajoutent de nombreux emplois induits. Notre territoire connaît une hausse du nombre de chômeurs ces derniers mois. Comment laisser partir une nouvelle fois des emplois industriels alors que le taux  de chômage avoisine les 10% au niveau national ? 

Je m’oppose ouvertement et avec la plus grande vigueur à cette décision qui n’a aucune justification économique et qui demeure une décision unilatérale sans tenir compte des partenaires sociaux, des PME, ni même des constats du cabinet d’experts. Cette externalisation intervient à la suite d’une série de largesses fiscales accordées par le gouvernement aux grands groupes : suppression de la taxe professionnelle, des impôts inférieurs pour les entreprises à la moyenne nationale… PSA Peugeot Citroën adopte donc la même stratégie que Renault. Cette décision qui est purement et simplement une délocalisation remet une fois de plus en cause la vitalité de notre territoire, déjà durement touché et qui demeure, pourtant, le berceau historique de l’entreprise Peugeot.

Par martial bourquin - Publié dans : INDUSTRIE
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mercredi 21 décembre 2011 3 21 /12 /Déc /2011 23:05

Mercredi 21 décembre 2011, le projet de loi renforçant les droits, la protection et l’information des consommateurs est discuté au Sénat. Ce texte et certains amendements prévoient, entre autres, la libéralisation du marché des pièces détachées en France. L’idée de libéraliser ce marché pour permettre, c’est du moins ce que l’on espère, une baisse des prix pour les consommateurs ne doit pas occulter une réalité : à l’heure actuelle plus de 70% des pièces détachées sont fabriquées sur le territoire national. Ainsi, le centre de fabrication de pièces détachées à Vesoul, pour ne citer que cet exemple, serait grandement fragilisé et 4 000 emplois seraient alors directement mis en cause.

Il est en effet nécessaire de souligner que si la copie de ces pièces détachées était permise ceci conduirait à abroger le droit de propriété intellectuelle au titre des « dessins et modèles » portant sur les pièces de carrosserie automobile. Les grands perdants de cette décision seraient alors les salariés des équipementiers et l’Etat français qui rappelons-le perçoit des impôts grâce à cette production nationale. La France devrait alors faire face à une désindustrialisation encore plus importante et ce, au profit de pays comme la Chine et Taïwan d’où provient une grande partie des copies des pièces détachées mais également en faveur de la grande distribution.

J’insiste sur l’idée que la France, ou plus largement l’Europe, doit être un territoire ouvert mais non offert. Or, notre voisin allemand, mais également le Japon et la Corée du Sud, pays qui possèdent une industrie automobile, protègent les droits de propriété sur les pièces détachées. Outre-Rhin, les tribunaux allemands ont d’ailleurs clairement posé ce principe de l’application de cette législation puisque plusieurs cours fédérales de justice ont invoqué cette loi sur les modèles et dessins.

 

L’Etat doit donc protéger ces industries qui participent au savoir-faire, à l’innovation en France. Au moment où notre pays une inquiétante désindustrialisation, une telle décision  aggraverait le processus.

Cette protection, il la doit également aux citoyens français puisque les copies des pièces réalisées en Chine ou à Taïwan ne répondent pas toujours aux exigences de sécurité.

Cependant, nous prenons en compte les remarques qui sont faites sur les prix parfois excessifs de ces pièces détachées. C’est pourquoi je demande avec la majorité sénatoriale un amendement qui vise à instituer un observatoire de la formation de prix et des marges des pièces de rechange permettant la réparation automobile ainsi qu’un rapport parlementaire  afin d’évaluer les conséquences en termes d’emplois, les effets sur les prix et l’impact sur l’ensemble de la filière automobile face à l’ouverture à la concurrence du marché des pièces de rechange. 

 Au moment où notre pays une inquiétante désindustrialisation, une telle décision  aggraverait le processus.

Par martial bourquin - Publié dans : INDUSTRIE
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 22 avril 2011 5 22 /04 /Avr /2011 17:12

Mission sur la désindustrialisation

Rediffusion le :
samedi 30/04/2011 à 23h15
dimanche 01/05/2011 à 19h15
lundi 02/05/2011 à 18h30
Durée : 29 minutes

5 à 700 000 emplois en moins dans l'industrie en France depuis 10 ans. La crise n'explique pas tout, l'Allemagne en est le meilleur exemple. Après les Etats généraux de l'Industrie lancé par l'Elysée, au Sénat, une mission d'information a enquêté pendant près de 6 mois dans les territoires sur les causes de cette désindustrialisation mais surtout sur les solutions à proposer. Déplacements, entretiens, rencontres avec les chefs d'entreprise et coulisses, Public Sénat a suivi au plus près cette mission sénatoriale. Reportage réalisé par Fabrice Cuney.

Mission sur la désindustrialisation
Voir la bande annonce
Par martial bourquin - Publié dans : INDUSTRIE
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 17 mars 2011 4 17 /03 /Mars /2011 11:55

article-Nouvel-Observateur_NEW.jpg

Par martial bourquin - Publié dans : INDUSTRIE
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mercredi 16 mars 2011 3 16 /03 /Mars /2011 11:48

Je viens d'être informé que le reportage sur la mission sénatoriale relative à ldésindustrialisation des territoires était reporté au mois prochain, pour tenir compte de la fin des travaux de cette mission.

Je vous tiendrai évidemment au courant des prochaines dates de diffusion.

Par martial bourquin - Publié dans : INDUSTRIE
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés